Accéder au contenu principal
Argentine

Le vol de bébés sous la dictature argentine a été planifié de manière systématique

Buenos Aires, 5 juillet 2012. Des membres d'organisations des droits de l'homme, des victimes et leurs proches écoutent le verdict rendu à l'encontre de l'ancien général Videla.
Buenos Aires, 5 juillet 2012. Des membres d'organisations des droits de l'homme, des victimes et leurs proches écoutent le verdict rendu à l'encontre de l'ancien général Videla. REUTERS/Enrique Marcarian
Texte par : RFI Suivre
3 mn

C'est la fin d’un procès historique en Argentine, où la justice a condamné l’ancien général Jorge Videla et huit autres accusés pour leur responsabilité dans le vol de bébés nés de femmes détenues sous la dictature. Ces bébés étaient ensuite adoptés illégalement par des familles proches des militaires. Quelque 500 enfants auraient ainsi été dépouillés de leur identité, souvent après l’assassinat de leurs parents, entre 1976 et 1983. Pas plus de 105 d’entre-eux ont été retrouvés par les grands-mères de la place de Mai. Les autres vivent toujours sous une fausse identité.

Publicité

De notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Cinquante ans de prison, c'est la peine maximale pour l'ancien chef de la junte argentine, Jorge Videla. Si d’autres condamnations ont suscité des réactions mitigées, la sentence a été bien accueillie par les victimes et leurs familles. Les juges ont considéré qu’il y avait bien eu un plan systématique de vol de bébés nés durant la captivité de leurs mères sous la dictature, comme le demandaient le ministère public et les parties civiles.

L'ancien général Jorge Videla.
L'ancien général Jorge Videla. REUTERS

Pour Rosa Roisemblit, vice-présidente des grands-mères de la place de Mai, c’est un aboutissement. « Nous n’avions jamais imaginé que nous arriverions un jour à ce résultat, obtenu après tant d’années, où il a été prouvé que nous avions raison et qu’il y avait bien un plan systématique de séquestration de nos petits-enfants. »

Victoria Monténégro, un des 105 anciens bébés volés qui ont pu récupérer leur identité, parle de réparation. « C’est une sensation réparatrice. Que la justice se prononce et que l’on appelle enfin les choses par leur nom, c’est très important. Beaucoup de gens vont enfin comprendre qu’il n’y a pas d’acte d’amour dans une appropriation. Et cela nous aidera à retrouver les frères qui nous manquent. »

Ce qui frappe, c’est l’absence de haine. Grands-mères, mères de disparus, petits-enfants identifiés, ont attendu plus de trente ans pour que justice soit faite sans jamais s’en prendre directement à leurs bourreaux.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.