Argentine / Justice

Mort de Mariano Ferreyra: en Argentine, le procès d'un syndicalisme corrompu

Manifestation de protestation après la mort de Mariano Ferreyra, place de Mai, à Buenos Aires le 21 octobre 2010.
Manifestation de protestation après la mort de Mariano Ferreyra, place de Mai, à Buenos Aires le 21 octobre 2010. AFP/Daniel Garcia

C’est un procès sans précédent qui s’est ouvert ce début de semaine en Argentine. Sur le banc des accusés, les assassins présumés de Mariano Ferreyra, un militant d’extrême-gauche tué en octobre 2010. Mais aussi, selon le procureur et les parties civiles, leurs instigateurs qui seraient des syndicalistes. C’est une première dans un procès de ce genre.

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Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Mariano Ferreyra a été tué par balles, le 20 octobre 2010, au cours d’une manifestation en faveur des travailleurs des chemins de fer. Par le passé, d’autres manifestants ont connu le même sort mais on avait toujours parlé de règlements de compte ou de bavures policières. Au mieux, seuls des exécutants avaient été jugés.

Ce n’est pas le cas cette fois-ci, comme l’explique Maximiliano Medina, l’un des avocats des parties civiles : «Ce procès est emblématique parce que, parmi les inculpés, nous avons des dirigeants syndicaux, dont José Pedraza, le leader du syndicat des cheminots, l’un des plus important du pays, ainsi que sept fonctionnaires de police, accusés d’avoir permis l’attaque organisée par les syndicalistes qui s’est soldée par la mort de Mariano Ferreyra

Selon l’enquête judiciaire, José Pedraza, ancien chef du syndicat des cheminots, aurait été l’instigateur de l’attaque armée organisée contre les manifestants avec la complicité des policiers présents sur les lieux. Sans doute ses hommes de main n’avaient-ils pas l’ordre de tuer. Mais Mariano Ferreyra est mort et les tueurs ont été filmés.

Devant un scandale plus qu’embarrassant pour un gouvernement issu du péronisme, mouvement traditionnellement lié aux syndicats, les autorités ont laissé la justice faire son travail. Le procès des assassins de Ferreyra est aussi celui d’un certain type de syndicalisme, mafieux et corrompu, dont les Argentins ne veulent plus.

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