Afghanistan / Etats-Unis

En Afghanistan, les Etats-Unis s’inquiètent après de nombreuses attaques fratricides

Le président des Etats-Unis, Barack Obama, lors de sa conférence de presse du 20 août 2012, à la Maison Blanche.
Le président des Etats-Unis, Barack Obama, lors de sa conférence de presse du 20 août 2012, à la Maison Blanche. REUTERS/Kevin Lamarque

Les chefs de l'armée américaines sont actuellement à Kaboul pour discuter de la recrudescence du nombre d'attaques fratricides. Dimanche 19 août encore, un militaire américain de l’Otan a été tué par un homme portant un uniforme de la police afghane dans le sud du pays. Cela porte à 40 le nombre de soldats de la coalition tués dans ce type d'incident depuis le début de l'année.

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Avec notre correspondant à Kaboul, Nicolas Ropert

Le général Martin Dempsey est arrivé ce dimanche soir sur la base américaine de Bagram. Le plus haut gradé de l'armée américaine s'est entretenu avec le général John Allen, commandant en chef de la coalition internationale en Afghanistan. Avant de décoller, le général Dempsey n'avait pas caché que les menaces qui pèsent sur les soldats étrangers seraient au programme de sa visite et des discussions.

Le nombre d'attaques fratricides est en hausse avec 40 soldats tués dans des incidents de ce type contre 35 pour l'ensemble de l'année dernière. Mais l'ISAF refuse toujours d'y voir une stratégie de la part des insurgés. Dans la plupart des cas, il s'agit de problèmes personnels, de stress ou de fatigue, se contentait d'indiquer le porte-parole de la coalition interrogé la semaine dernière.

Les responsables américains vont s'entretenir avec les officiers de l'armée afghane, confirmait l'ISAF ce lundi. Le recrutement des membres de l'armée et de la police afghane est mis en cause mais le durcissement des conditions d'entrée et une batterie de tests n'ont pas enrayé le phénomène.

Selon la chaine de télévision américaine Fox News, désormais les militaires de la coalition devront toujours avoir sur eux leurs armes. Une mesure que l'état-major de la coalition internationale espère dissuasive.

Lors d’une conférence de presse impromptue, lundi 20 août, le président Obama a exprimé son inquiétude devant le nombre d’attaques perpétrées par des policiers ou des soldats afghans contre les militaires américains et les forces de l’ISAF.

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Au cours des dix derniers jours, les Américains ont perdu neuf des leurs, abattus par des militaires afghans. Le président Obama s’inquiète de cette tendance et il compte appeler le président Karzai pour discuter de la situation, comme l’a déjà fait dimanche le secrétaire à la défense Leon Panetta. S’il souhaite que les responsables afghans soient plus vigilants sur le personnel qu’ils recrutent, Barack Obama n’entend pas pour autant renoncer à la présente politique de coopération avec les forces afghanes pour assurer une transition en douceur.

« Ce qui se passe, c’est que nous passons le relai aux forces de sécurité afghanes et pour les entrainer de façon efficace, nos soldats sont en contact beaucoup plus étroit avec les Afghans sur une base régulière, a expliqué Barack Obama. Et ce que nous devons faire, c’est de nous assurer que cette formule fonctionne, mais ne rend pas nos soldats plus vulnérables. »

Les militaires américains ont reçu l’ordre d’être armés constamment, même sur leurs bases, afin de pouvoir se défendre en cas d’attaque par des Afghans qu’ils entrainent.

Au cours de son point de presse, Barack Obama a aussi prévenu Bachar el-Assad que s’il utilisait des armes chimiques contre son peuple, les Etats-Unis pourraient intervenir militairement.

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