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Etats-Unis / Présidentielle

Etats-Unis: le parcours semé d'embûches du candidat Mitt Romney

Le candidat républicain, Mitt Romney en campagne à Las Vegas, dans le Nevada, le 29 mai 2012.
Le candidat républicain, Mitt Romney en campagne à Las Vegas, dans le Nevada, le 29 mai 2012. REUTERS/Christopher DeVargas
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«Je suis Mitt Romney, je crois en l'Amérique et je suis candidat à la présidence des Etats-Unis». Par cette déclaration, le 2 juin 2011, l’ancien homme d’affaires Mitt Romney se lance dans la course à l’investiture républicaine face à Barack Obama pour l’élection présidentielle du 6 novembre prochain. Il a franchi une étape décisive en obtenant mardi 28 août la majorité des votes des délégués de son parti à la convention républicaine de Tampa, en Floride. Portrait de ce candidat à l'air un peu coincé et à l’allure hésitante, qui bataille pour se faire apprécier des républicains américains.

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Le 30 août, la convention républicaine de Tampa investira officiellement Mitt Romney comme le challenger de Barack Obama au scrutin présidentiel de novembre. Il a obtenu sans surprise une majorité de délégués mardi.

La grand-messe républicaine devra aussi parachever ce que le candidat Mitt Romney n’a pas réussi jusqu’à maintenant : faire de lui un leader charismatique au sein de son clan, apte à gagner la présidentielle américaine.

Car Mitt Romney, le multimillionnaire au patrimoine estimé entre 190 et 250 millions de dollars, s’est battu et a essuyé de nombreux revers avant d’arriver à Tampa.

Lors d'un meeting de Mitt Romney dans le Michigan, le 24 août 2012.
Lors d'un meeting de Mitt Romney dans le Michigan, le 24 août 2012. REUTERS/Brian Snyder

Homme discret, plongé dans la finance et le business, Mitt Romney se fait connaître des Américains en 2000. Il est appelé à l’aide pour mettre de l’ordre au sein du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Salt Lake City, fief historique des mormons, miné par un scandale de corruption. Mitt Romney remet de l’ordre dans les finances du comité et se fait adouber pour ses qualités de gestionnaire. Sa réussite lui vaut le surnom de « Mr Propre ». Et Mitt Romney se lance vers la conquête de la Maison Blanche.

En 2004, lors des primaires, il échoue face au sénateur de l’Arizona John Mc Cain. Cette première vaine tentative est une leçon pour le « jeune » homme politique ambitieux et combatif qui ne lâche rien.

Huit ans plus tard, Mitt Romney sillonne les Etats-Unis, Etat par Etat, enchaînant les poignées de mains. Il met en place une véritable feuille de route stratégique de près d'un milliard de dollars, dont le renforcement de ses réseaux sociaux, cruciaux pour affronter le président-candidat démocrate Barack Obama très haut dans les sondages.

Pourtant, il manque de charisme et ne parvient pas à attirer les foules autour de lui. Son manque de sincérité -son opportunisme ?- y est pour quelque chose. Mitt Romney est aux yeux de ses détracteurs un vrai caméléon.

Mitt Romney le caméléon

Gouverneur du Massachusetts de 2003 à 2007, Mitt Romney, prêt à tout pour qu’aucune voix ne lui échappe, oscille déjà entre des discours ultraconservateurs et des déclarations à la limite du centrisme.

« Mr Propre » devient ainsi « Mitt la girouette » au sein même de son parti. Ses derniers changements de position sur l’avortement ou le mariage homosexuel l’attestent. Et que dire de sa loi sur la santé : le Massachusetts est en 2006 le premier Etat à généraliser l’assurance maladie. Cette réforme, 4 ans avant celle du démocrate Obama, est aujourd’hui un boulet que traîne le candidat Romney pour la présidentielle de 2012. Des critiques plus virulentes les unes que les autres lui sont assenées de la part de ses « amis » républicains du Tea party.

Et puis Mitt Romney possède un handicap aux yeux d’une grande partie de son électorat : il est mormon. Le parti républicain est dominé par les évangéliques hyper-influents qui considèrent l’Eglise mormone comme une secte qui fait des Etats-Unis la Terre promise où Jésus a ressuscité en la personne de Joseph Smith, en 1830.

Mitt Romney avec sa femme dans restaurant,  de Salt Lake City, en juin 2011.
Mitt Romney avec sa femme dans restaurant, de Salt Lake City, en juin 2011. Getty Images

Mitt Romney doit ainsi ménager la chèvre et le choux : la nomination comme colistier du très droitier Paul Ryan est un geste envers les ultraconservateurs sceptiques qui gardent l’image du « modéré » qu’il possédait il y encore quelques mois.

Pour The Economist, le comportement de Mitt Romney est alarmant. « Derrière tout cela, écrit le journal, s'installe l'impression inquiétante d'un homme qui ne sait pas vraiment ce qu'il veut ».

Mitt Romney, c'est aussi le déconnecté. Il peine à effacer l’image d’homme à mille lieues de la réalité qui le suit. Il parle de sa femme qui a plusieurs Cadillac, propose à un adversaire un pari à 10 000 dollars. L'argent est partie intégrante de sa personne.

Alors qu’il tente de faire de ses succès professionnels financiers et de son expérience d’homme d’affaires un atout dans un contexte de crise, certains républicains le considèrent toujours comme le candidat de l’establishment proche du monde de Wall Street.

Marié depuis 43 ans à Ann, l'un de ses atouts pour la campagne, avec qui il a eu cinq enfants, Mitt Romney fait tout de même figure de sérieux et d’idéal pour une partie des conservateurs américains.

Et puis il a un passé politique familial qui rassure. Son père est gouverneur du Michigan de 1963 à 1969 et fait campagne, en vain, en 1968 lors des primaires républicaines pour la présidence. Le fils va-t-il réussir, là où le père a échoué ?

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