Revue de presse Amériques

A la Une : conquérir le cœur des Américains

Le candidat républicain Mitt Romney, lors de son discours d'investiture pour la présidentielle, à Tampa, le 30 août 2012.
Le candidat républicain Mitt Romney, lors de son discours d'investiture pour la présidentielle, à Tampa, le 30 août 2012. Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

Le discours d'investiture du candidat républicain à la présidentielle américaine Mitt Romney  à Tampa en Floride fait la Une de la presse aux Etats Unis.

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 Si Mitt Romney semble avoir en partie réussi à modifier l'image un peu terne qu'il avait jusqu'à cette convention républicaine, il n'a, sur le fond, pas vraiment convaincu.  « Peu importe les idées de Mitt Romney » titre désabusé l'éditorialiste du Washington Post qui écrit : « Le succès de l'énergique discours de Mitt Romney montre une fois de plus que l'élection présidentielle n'a rien à voir avec les idées politiques. Il s'agit avant tout d'atteindre les électeurs sur le plan émotionnel, de leur donner le sentiment qu'ils partagent vos valeurs et vos aspirations ».

Et le journaliste poursuit : « Est-ce que Romney a proposé la moindre idée pour nous sortir de ce qu'il présente comme un cauchemar créé par la présidence Obama ? Il dit qu'il a un plan pour créer 12 millions d'emplois. Mais c'est juste un chiffre issu de calculs réalisés au dos d'une enveloppe par son équipe. Car rien dans son plan ne pourrait créer ces emplois ». Avec une lucidité mêlée d'amertume, l'éditorialiste constate : « Sur le plan politique, ce constat, qu'il soit établi par moi ou par d'autres, importe peu. Nous ne sommes que des moustiques bourdonnants écartés du revers de la manche par une campagne qui se concentre sur la conquête émotionnelle de dizaines de millions de personnes. Le but du discours de Mitt Romney était de le faire apparaitre comme quelqu'un digne de confiance ». Et le journaliste assène pour conclure : « J'aurais souhaité que les idées politiques régressives, étonnantes, et parfois gênantes de Mitt Romney soient prises en compte. Cela n'est pas le cas. Et c'est déprimant ».

Obama et les Américains : un mariage qui tient

Le New York Times évoque aussi l'enjeu émotionnel du scrutin américain. Le quotidien estime que le principal défi du candidat républicain est de lutter contre l'attachement que portent les Américains à Barack Obama. « Tout au long de la convention, Mitt Romney a travaillé dur pour montrer qu'il avait un cœur, entame le journaliste du quotidien, mais il a encore du pain sur la planche pour convaincre les Américains transportés par le président Obama il y a quatre ans ».

La campagne républicaine selon le New York Times, se focalise désormais sur la conquête d'électeurs déçus par Obama mais qui ne sont pas encore résolus à l'abandonner. Le journal l'assure : malgré les sondages qui révèlent un faible taux de satisfaction sur le bilan économique du président, malgré les centaines de millions de dollars dépensés en publicité négative à son encontre, une large proportion d'électeurs reste attachée à Barack Obama.

« Cela va être dur de briser le lien que beaucoup d'Américains ont tissé avec Barack Obama, même s'ils sont déçus » reconnait un stratège républicain dans les colonnes du journal. Et il ajoute « C'est peut être un mauvais mariage, mais les électeurs veulent encore le sauver ». « Convaincre ces électeurs, dont de nombreuses femmes, que Mitt Romney représente un nouveau départ, qu'il est temps de quitter Obama demande de la finesse et de la délicatesse » ajoute ce stratège anonyme dans les colonnes du quotidien. Mais le New York Times constate : « Les propos viscéralement hostiles tenus par les républicains dans les émissions télévisées à l'encontre du président Obama risquent de pousser les électeurs à défendre leur président et à défendre le choix qu'ils ont fait il y a quatre ans ».

Au Mexique, l’élection présidentielle entérinée par la justice

La décision du Tribunal fédéral électoral, qui a rejeté hier jeudi à l'unanimité le recours en invalidation déposé par la gauche contre l'élection présidentielle d'Enrique Peña Nieto, fait la Une de la presse au Mexique. Plus aucun recours n'est possible et le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) prendra ses fonctions le 1er décembre.

« Election validée ! » : le titre barre en énormes capitales la Une de la Prensa qui ajoute en sous-titre la réaction du président élu : « la gauche n'a pas pu prouver l'achat de votes, les élections ont été libres et conformes, œuvrons ensemble pour la gloire du Mexique ! ». « Les juges ont du examiner dix mille éléments de preuve présentés par la gauche qui contestait la validité du scrutin » explique le journal qui rappelle que, selon la gauche, le PRI avait procédé à l'achat de cinq millions de votes, y compris par la distribution de cartes d'achat d'une chaîne de magasin. Mais la justice a tranché : « il n'y a pas eu de preuve d'achat de vote, ni de preuve de contrainte ».

El Diaro del Istmo publie pour sa part la photo de manifestants rassemblés devant le tribunal, criant à la fraude derrière un solide cordon policier. « Cerné par les contestataires, le tribunal électoral s'est transformé en bunker » constate le quotidien.
La décision unanime des juges ouvre la voie à la dernière étape du processus électoral présidentiel : la proclamation des résultats définitifs du scrutin et la désignation officielle d'Enrique Peña Nieto comme président élu.

 

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