Chine / Etats-Unis

Deux géants chinois des télécommunications bloqués dans leurs acquisitions aux Etats-Unis

Pour l'heure, Huawei et son concurrent ZTE ne pourront pas vendre des équipements de réseau aux Etats-Unis.
Pour l'heure, Huawei et son concurrent ZTE ne pourront pas vendre des équipements de réseau aux Etats-Unis. REUTERS/Stringer/Files

La commission du renseignement du Congrès américain ne souhaite pas voir Huawei et ZTE, les deux géants chinois des télécoms, accéder au marché américain, selon un rapport à paraître ce lundi 8 octobre. Ce n'est pas la première fois que les deux sociétés sont ainsi rejetées par les Etats-Unis. La commission estime que les deux groupes ne sont pas indépendants de Pékin et pourraient donc être utilisés par le gouvernement chinois à des fins militaires ou de cyber-espionnage.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

« Cette enquête n’aurait pas dû se focaliser uniquement sur les entreprises chinoises. » Le numéro cinq mondial des fabricants de smartphones utilise l'argument de la discrimination dans un communiqué publié ce lundi matin. Car si Zhongxing Telecomunication Equipment (ZTE), comme d’ailleurs son rival chinois Huawei Technologies, ont pu prendre pied sur le marché des terminaux mobile aux Etats-Unis, pour l’instant la vente d’équipements de réseaux a toujours été repoussée par le Congrès.

Nous faisons des affaires et pas de la politique ont répondu les porte-paroles des deux groupes lors de leur audition par les parlementaires américains, le 13 septembre dernier. C’est déjà ce que Huawei avait affirmé lorsqu’il a dû renoncer à l’acquisition des sociétés américaines informatiques 3 Leaf en février dernier et 3 Com en 2008.

Comment expliquez-vous alors la présence de comités du parti communiste chinois au sein de vos entreprises, ont demandé les enquêteurs ? Ces comités existent même au sein de Wal-Mart en Chine (ndlr, le géant américain de la distribution) ont répliqué les intéressés. Un argument qui visiblement n’a pas suffi à convaincre.

« Un risque pour la sécurité nationale »

La manœuvre n’est pas un cas isolée. En Europe, des réticences ont été manifestées côté français. Dans un rapport publié en juillet dernier, le sénateur du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel, préconisait ainsi d’interdire à l’échelle européenne le déploiement de routeurs ou d’autres équipements de cœurs de réseau chinois qui « présentent un risque pour la sécurité nationale ». Même chose en Australie où Canberra a également interdit aux Chinois de participer à un appel d’offre sur la construction du réseau haut débit du pays.

Difficile de se débarrasser de cette image de proximité avec le pouvoir chinois et des « malentendus avec les médias », comme le fait savoir Huawei dans un communiqué également publié ce lundi. Le numéro deux mondial des équipements de réseaux de télécommunication et sixième producteur de téléphones portables indique par ailleurs qu’il n’avait pas l’intention d’entrer à la Bourse américaine et évoque « un malentendu avec les médias ».

Plusieurs quotidiens avaient fait part récemment des contacts pris par le groupe avec des banques d’investissement au sujet d’une éventuelle introduction en Bourse. Un moyen justement, selon le Wall Street Journal, de jouer la transparence et de faire taire les critiques sur les financements occultes planant sur la société.

Il n’en est donc pas question pour le moment. La Chine a les moyens, l’occasion et les motivations pour utiliser les sociétés de télécoms à des fins malveillantes, souligne le rapport de la commission américaine du renseignement.

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