La Revue de Presse des Amériques

A la Une : au Brésil, jugement historique de la Cour Suprême

Ricardo Lewandowski, l'un des trois juges au procès «mensalao» à Cour Surprême de Brasilia, le 9 octobre 2012.
Ricardo Lewandowski, l'un des trois juges au procès «mensalao» à Cour Surprême de Brasilia, le 9 octobre 2012. REUTERS/Ueslei Marcelino

Publicité

Trois proches collaborateurs de Lula condamnés pour corruption

Ricardo Lewandowski, l'un des trois juges au procès «mensalao» à Cour Surprême de Brasilia, le 9 octobre 2012.
Ricardo Lewandowski, l'un des trois juges au procès «mensalao» à Cour Surprême de Brasilia, le 9 octobre 2012. REUTERS/Ueslei Marcelino

C’était le jugement le plus attendu dans le procès dit du « mensalao », un procès qui tente de faire la lumière sur une affaire d’achat de votes des parlementaires qui remonte au début des années 2000. Une majorité de juges de la Cour Suprême a estimé que les trois accusés, dont le chef de cabinet de Lula, se sont rendus coupables de « corruption active », écrit le journal O Globo. Pour l’instant, aucune peine n’a été prononcée. Selon l’approche retenue pour leur calcul, les condamnés risquent entre 20 et 108 ans de prison.

 
José Dirceu, l’ancien homme fort de Lula a réagi tout de suite sans un communiqué publié entre autres par laFolha de Sao Paulo. S’adressant « au peuple brésilien », il critique un procès politique et affirme avoir été victime d’un lynchage médiatique. Un avis que ne partage pas cet internaute, lecteur de Carta Capital : « Justice a été rendue. J’espère que cela fera méditer l’électeur brésilien », écrit-il, faisant allusion au deuxième tour des municipales qui aura lieu dans moins de trois semaines.

L’image de Lula reste intacte
 
Et qu’en est-il de l’ancien président Lula ? Son image est-elle écornée par ce procès ? La réponse est non. Et c’est ce qui semble intriguer un peu le Miami Herald. Car après tout, écrit le journal de Floride, « il s’agit du plus grand scandale politique de l’histoire brésilienne ». Mais aucune accusation n’a été portée contre l’ancien président qui a quitté le pouvoir avec 87% d’opinion favorable. Et selon un sondage réalisé au début de cette année, une majorité de Brésiliens souhaite qu’il retrouve la présidence en 2014.

Il n’empêche, ce procès fera date, estime le New York Times. Jusqu’à présent, les Brésiliens étaient habitués à l’impunité de leurs hommes politiques. D’où ce proverbe qui circule depuis longtemps : « La police arrête, la justice libère ». Mais ce n’est plus vrai. La preuve, ce procès du mensalao dont les audiences ont été retransmises en direct à la télévision. Tout le monde a pu ainsi constater que « les institutions fonctionnent bien », affirme un politologue brésilien cité par le New York Times. Selon le journal, le jugement redonne espoir dans la justice du pays.

Débat télévisé entre les candidats à la vice-présidence

C’est le prochain temps fort de la campagne présidentielle. C’est demain soir que Joe Biden et Paul Ryan vont monter dans le ring. Rarement un débat entre colistiers n’a été si crucial, écrit le Washington Post. « Après la bonne performance de Mitt Romney face à Barack Obama la semaine dernière, cet échange entre les numéros deux intervient à un moment important de la campagne. Pour l’équipe Obama, c’est le moment de contre-attaquer ». Mais Joe Biden doit faire attention estime le Washington Post« Figure centrale de l’administration Obama, il incarne comme le président tous les succès mais aussi tous les échecs de sa politique. En plus, Joe Biden est connu pour faire des gaffes quand il s’éloigne trop de son script. Le vice-président a aussi tendance à se montrer condescendant à l’égard de certains adversaires ».
 
Le débat sera particulièrement suivi par les pro-Obama, qui craignent de plus en plus une défaite de leur candidat. Selon Politico, un mot résume en ce moment l’état d’esprit des sympathisants démocrates : angst – l’angoisse. La montée de Mitt Romney dans les sondages sème la panique dans l’aile gauche du parti. « Obama a-t-il déjà raté l’élection », se demande Andrew Sullivan sur le site de Daily Beast. « Voilà notre problème, raconte un militant au reporter de Politico, nous oscillons entre une confiance exagérée en nous-mêmes et une peur tout aussi irrationnelle de perdre.»En tout cas, pour les stratèges du président sortant, une chose est sûre : pour remonter la pente, « Obama doit absolument gagner le prochain débat contre Mitt Romney ».

Le blues des anti-Chavez

Ils ont encore du mal à digérer leur défaite de dimanche dernier. La preuve, cet édito dans le journal d’opposition Tal Cual : « Courage, le monde ne va pas s’écrouler. Nous allons rester vigilant et combatif à l’égard du gouvernement ». Mais pour certains Vénézuéliens, ce n’est pas suffisant, ils commencent à plier bagage. Selon le Miami Herald, la demande de visas pour les Etats-Unis est en forte augmentation depuis la réélection d’Hugo Chavez.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail