Norvège / Colombie

Négociations de paix en Colombie : un agenda fixé mais pas de cessez-le-feu

Le représentant du gouvernement colombie Humberto de la Calle (D) près d'Oslo le 18 octobre 2012.
Le représentant du gouvernement colombie Humberto de la Calle (D) près d'Oslo le 18 octobre 2012. AFP PHOTO / JORGEN BRAASTAD

Ce jeudi 18 octobre, les délégations pour les négociations de paix en Colombie ont annoncé, lors d'une conférence de presse non loin d'Oslo en Norvège, que les premières discussions sur le fond commenceront le 15 novembre à Cuba. Cinq points essentiels y seront abordés : le développement rural ; la fin de la lutte armée ; le trafic de drogue ; l'intégration future des membres de la guérilla au jeu politique ; et le droit des victimes du conflit. Mais en attendant, les opérations militaires vont se poursuivre.

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Avec notre correspondant à Oslo, Grégory Tervel

Dans une courte déclaration commune, lue par deux diplomates cubain et norvégien - les deux pays médiateurs - les deux parties se sont d’abord engagées formellement à négocier un accord général pour la fin du conflit et la construction d’une paix durable.

« Notre seul but est de mettre un terme au conflit. Il s'agit d'un processus digne et sérieux. Ces négociations ne sont pas un outil de propagande », a entamé Humberto de la Calle. Le représentant du gouvernement colombien a insisté sur la nécessaire confidentialité des échanges. « Le secret est garant du bon déroulement du processus de paix », a-t-il martelé. Mais il a expliqué qu’il était modérément optimiste. « La paix ne sera pas immédiate, a-t-il prévenu. Nous ne voulons pas que les FARC renoncent à leurs idées, mais nous voulons qu’ils les expriment dans un cadre démocratique. »

Parmi les questions qui seront abordées et qui font partie des points cruciaux du conflit, est la garantie pour l’opposition de participer à la vie politique. Le gouvernement est disposé à parler de ce sujet et à ouvrir le chemin vers une solution. Nous pouvons vous assurer : nous écouterons avec la plus grande attention l’avis des FARC sur ce point.

Humberto de la Calle

Pas de cessez-le-feu

Dans son discours, l'ancien vice-président colombien a plaidé pour une « transformation en profondeur de la société ». « Nous ne voulons pas d'un accord de façade », a-t-il affirmé. « Nous arrivons avec un rameau d'olivier entre les mains », lui a répondu Ivan Marquez, chef de la délégation des FARC avant de se lancer dans un long plaidoyer pour une meilleure répartition des terres. « Le problème de l'accès à la terre est à l'origine du conflit », a assuré le guérillero.

C'est cette épineuse question de la réforme agraire qui sera abordée en premier par les négociateurs. Rendez-vous est pris le 15 novembre à Cuba. En attendant, il n'est pas question de cessez-le-feu.« Il n'y aura pas d'interruption des opérations militaires », a prévenu le responsable du gouvernement. « Nous sommes une force belligérante animée d'un espoir de paix », a pour sa part conclu le responsable de la guérilla.

Nous sommes animés par la conviction que notre objectif, c’est la paix. Pas la paix des vaincus, mais une paix avec la justice sociale. Nous avons le moral au beau fixe, pour le combat. Président Santos, bâtissons la paix!

Ivan Marquez

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