Canada

Le Québec découvre un système de corruption très organisé dans son industrie du bâtiment

Vue du centre-ville de Montréal.
Vue du centre-ville de Montréal. Source: Wikipédia; photo: Gjm130

Nouveau rebondissement au Québec dans la commission d’enquête Charbonneau qui est chargée de faire la lumière sur les cas de corruption dans l’industrie du bâtiment de la région de Montréal. L’ex-ingénieur en chef de la municipalité, accusé par un ancien entrepreneur d’avoir perçu un pourcentage sur les contrats publics octroyés par Montréal pour réparer ses infrastructures, a clairement reconnu avoir touché des pots-de-vin pendant une dizaine d’années.

Publicité

Avec notre correspondante au Québec, Pascale Guéricolas

Si certains Québécois pensaient encore que les histoires de corruption dans l’industrie du bâtiment à Montréal n’étaient que fabulations, le récit de l’ancien ingénieur en chef de Montréal leur aura brutalement remis les pieds sur terre. Petite toux gênée et regard fuyant, Gilles Suprenant a confirmé ce qu’affirme depuis quelques semaines l’ex entrepreneur en égouts, Lino Zambito.

Oui, il a truqué certaines soumissions d’entrepreneurs qui postulaient sur des contrats publics d’infrastructures. Le but, faire croire à ses patrons à la mairie qu’il était légitime que telle ou telle entreprise fasse payer plus cher que ce que les équipes municipales avaient prévu pour un chantier.

En échange, le fonctionnaire ripoux recevait une enveloppe pour ses bons services : 400 000 euros en dix ans. Des sommes qui lui ont « brûlé » les doigts, a confié Gilles Surprenant au procureur de la Commission.

Pour mieux saisir l’absurdité de la situation, il faut savoir que les casinos sont de propriété publique au Québec. Le témoignage de l’ingénieur retraité se poursuit dans les prochains jours. En attendant, il a remis ce qui reste de ses pots-de-vin à la Commission.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail