Présidentielle américaine 2012

Etats-Unis: les leçons de la défaite de Mitt Romney

Le perdant de l'élection Mitt Romney lors de son discours d'après-défaite, à Boston.
Le perdant de l'élection Mitt Romney lors de son discours d'après-défaite, à Boston. REUTERS/Shannon Stapleton

Après l’échec de Mitt Romney, l'heure est à l'introspection chez les républicains. On cherche bien sûr à analyser pourquoi il n’a pas remporté la mise face à Barack Obama. Et on débat déjà sur l’avenir et sur la stratégie à adopter pour espérer gagner la Maison Blanche en 2016. La bataille s'annonce rude entre conservateurs et modérés au sein du parti.

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On a survécu à la guerre civile et à la Grande Dépression, on va aussi survivre à un second mandat d'Obama.

La gueule de bois des républicains

Dans le camp républicain, on commence à tirer les leçons de la défaite de Mitt Romney. Il y a, pour résumer, les durs, de la mouvance ultraconservatrice du Tea Party, qui reprochent au candidat d'avoir tenu un discours trop centriste, surtout dans la dernière partie de sa campagne.

Et puis, il y a l'aile plus modérée qui constate, à l'instar de beaucoup d'analystes, que le Grand Old Party, comme on le surnomme aux Etats-Unis, est passé à côté d'un électorat où les minorités, notamment hispaniques, tiennent une place grandissante.

« Le pays devient moins blanc alors que la coalition soutenant Romney est devenue plus blanche depuis quelques années », analyse le site internet spécialiséPolitico. De fait, si George W. Bush avait capté 44% du vote des hispaniques en 2004, Mitt Romney a recueilli moins de 30% de leurs suffrages, alors même que la part de la population hispanophone augmente dans le pays.

Le bilan est pire encore, mais pas surprenant, chez les électeurs afro-américains. A cela s'ajoute la faiblesse du score du candidat républicain chez les femmes et les jeunes dans des Etats décisifs.

Face à un tel constat, des parlementaires estiment que leur parti doit s'adapter à cette évolution et certains prônent un recentrage. « Les républicains ne peuvent pas gagner en s'appuyant seulement sur le vote rural et les électeurs blancs », a ainsi déclaré Susan Collins, sénateur du Maine (nord-est). « Notre parti doit s'interroger sur ce qu'il représente », s'interroge pour sa part Marco Rubio, sénateur républicain de Floride (sud-est) et potentiel prétendant à la Maison Blanche en 2016.

Empoignades en vue

Mais la bataille s'annonce rude avec les conservateurs. Certes, le Grand Old Party a échoué à remporter le Sénat, en partie parce qu’il a présenté des personnalités perçues comme trop extrémistes. Dans l’Indiana (nord), le candidat poussé par le Tea Party, Richard Mourdock, battu par un démocrate, avait ainsi suscité un tollé en déclarant qu’une grossesse due à un viol était le signe de « la volonté de Dieu ».

Pour autant, les républicains conservent la majorité à la Chambre des représentants, remportée en 2010 sur des thèmes très à droite. Et des personnalités conservatrices comme Paul Ryan, colistier de Mitt Romney, ont été réélues.

Le premier test de l'équilibre des forces au sein du camp républicain aura lieu au Congrès dans les prochaines semaines. Faute d’accord entre démocrates et républicains, des baisses très importantes de dépenses et des hausses d’impôts interviendront automatiquement le 1er janvier, ce qui pourrait faire retomber les Etats-Unis dans la récession. Tout la question est de savoir qui des tenants de l’obstruction systématique ou des partisans du compromis à la Chambre des représentants l’emportera au sein du Parti républicain.

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