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Chine/Etats-Unis

Chine - Etats-Unis : deux puissances très liées

Le président Barack Obama (D) reçoit le vice-président chinois Xi Jinping, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 14 février 2012.
Le président Barack Obama (D) reçoit le vice-président chinois Xi Jinping, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 14 février 2012. REUTERS/Jason Reed

Cette semaine, les deux plus grandes puissances économiques de la planète étaient à l'honneur. Les Etats-Unis, qui ont réélu Barack Obama, et la Chine qui a ouvert jeudi le 18e Congrès de son parti unique, le Parti communiste chinois. Ce congrès doit aboutir à la nomination de Xi Jinping à la présidence de la République populaire de Chine.

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L’histoire commune des deux pays est ancienne, elle remonte au 19e siècle lorsque des immigrés chinois sont arrivés aux Etats-Unis pour chercher du travail, et participer à la construction du pays : « La première grande immigration étrangère aux Etats-Unis ce n’est pas une immigration latino, c’est une immigration chinoise : ce sont les Chinois qui construisent les trains qui vont relier le Pacifique à l’océan Atlantique et aux Etats-Unis », rappelle le sinologue Alain Frachon, qui vient de sortir le livre « La Chine contre l’Amérique ».

Evoquant de « vieux amis », il précise que les Etats-Unis ont soutenu la République chinoise en 1911 et ont même longtemps hésité entre Mao Zedong et Tchang Kaï-chek au moment de la guerre civile (1946-1949). Après une période plus difficile, les relations ont été très étroites pendant la guerre froide et jusqu’à aujourd’hui. 

Deux économies interdépendantes

Mais si pendant la guerre froide les liens étaient surtout diplomatiques et géopolitiques, depuis la fin des années 1980 et l’ouverture de la Chine au monde, elles sont surtout très économiques : chacun est devenu le premier partenaire économique de l'autre. Pékin détient même mille milliards de dollars de bons du Trésor américain, et donc d’une certaine manière finance les guerres américaines en Irak et en Afghanistan. Ce qui suscite des craintes : les Etats-Unis ne seraient-ils pas dépendants de la Chine ?

Valérie Niquet, responsable du Pôle Asie à la fondation pour la recherche stratégique, coupe court à ces craintes : « La Chine ne peut pas s’offrir le luxe de détruire l’économie américaine en retirant brutalement son argent des Etats-Unis : elle dépend des importations américaines et européennes, d’ailleurs, si sa croissance a autant ralenti cette année, c’est à cause de la fermeture progressive des marchés dans les pays développés, suite à la crise ». Bref, économiquement, les deux pays peuvent difficilement se passer l’un de l’autre…

De fortes tensions diplomatiques
 
Par contre, diplomatiquement, les relations sont de plus en plus tendues depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir il y a quatre ans. « En fait, Obama lorsqu’il avait été élu avait tendu la main à Pékin, il avait espéré mettre en place un partenariat (on parlait beaucoup à l’époque du G2), et Pékin a pris ça pour un signe de faiblesse », analyse Valérie Niquet.

Résultat, la Chine a commencé à faire entendre sa voix de manière plus insistante en mer de Chine orientale et méridionale face aux Philippines, au Vietnam et dernièrement, au Japon avec les îles Senkaku. Et l’Asie qui s’était un peu détournée des Etats-Unis – les Etats-Unis avaient eux-mêmes délaissé l’Asie sous l’ère Bush – lui a demandé de revenir dans la région.

D’où un retour en force de Washington en Asie : à la fois pour rassurer ses alliés, pour contenir la Chine et puis parce qu’économiquement, c’est là qu’est la croissance. Résultat, les Américains quittent l'Irak et l'Afghanistan pour l'Asie : plus de 60% de la flotte américaine mouille dans la région alors qu'une nouvelle base américaine doit être installée en Australie. Les Chinois ont du mal à l'accepter, d'autant qu'ils ne peuvent rivaliser avec la puissance de feu américaine. Et les relations se tendent...

Une campagne musclée

Du coup, on a parlé Chine pendant la campagne électorale américaine mais, la crise aidant, seul le volet « économie » a été traité. Le candidat républicain Mitt Romney a même été mis sur la sellette, parce que dans ses affaires il traitait avec des entreprises qui délocalisaient en Chine.

Ce qui ne l’a pas empêché d’accuser Pékin d'être responsable de toutes les misères économiques des Etats-Unis, et de faire de la « concurrence déloyale ». Rhétorique habituelle en temps de campagne, une fois l'élection faite on baisse d'un ton. D'ailleurs, côté chinois, le président sortant Hu Jintao a félicité Barack Obama pour sa réélection, tout en précisant que les Etats-Unis devraient s'habituer à mieux gérer leur relation avec une Chine « désormais très puissante ».

Xi Jinping 

Dossier 18e Congres du PCC

Mais qu'en pense le futur président Xi Jinping, qui devrait être nommé à l’issue du Congrès du PCC en cours jusqu'au 14 novembre ? Difficile à dire, peu d’informations ont filtré sur sa personnalité ou ses idées.

Mais il connaît bien le « partenaire » américain explique Alain Frachon : « Premièrement sa fille étudie à Harvard (comme la plupart des enfants des dirigeants chinois) ; deuxièmement il connaît les Etats-Unis : en tant que spécialiste des questions agricoles il est devenu ami d’une famille de fermiers de l’Iowa, il va les voir ;  et l’an passé, alors qu’il était pressenti pour être le futur président chinois, il a été reçu déjà à Washington ». Il aurait aussi vu toute la collection des films de John Wayne…

Difficile d’en dire plus ou de tirer des conclusions sur les futures orientations politiques chinoises. En tous cas, ce qu'on sait, c'est que cet étrange « couple » sino-américain devrait continuer, cahin-caha, avec des tensions économiques et diplomatiques qui peuvent à tout moment devenir de vraies crises.

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