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Mexique

Le Mexique entre violence et modernité

L'association « Habla bien de Aca » (parle bien d'Aca) tente de redonner à cette station balnéaire une image positive pour attirer les touristes effrayés par l'insécurité.
L'association « Habla bien de Aca » (parle bien d'Aca) tente de redonner à cette station balnéaire une image positive pour attirer les touristes effrayés par l'insécurité. RFI/Patrice Gouy
Texte par : Patrice Gouy
6 mn

La guerre frontale engagée par le gouvernement de Felipe Calderón contre les cartels de la drogue a jeté le Mexique dans une spirale de violence et d’insécurité sans précédent, qui donne l’image d’un pays brisé. C’est l’héritage qu’il laisse à Enrique Peña Nieto, qui vient d’assumer le pouvoir, ce 1er décembre. Les organisations criminelles se sont infiltrées dans la plupart des institutions, parvenant à contrôler certains Etats comme celui du Guerrero, où se trouve la célèbre station balnéaire d’Acapulco. D’autres, comme la ville coloniale de Querétaro, situé sur la route des Etats-Unis, à 200 km au nord de Mexico, ont su se protéger, favorisant les investissements, l’emploi et l’éducation. C’est le contraste d’un Mexique en panne qui s’oppose au Mexique qui gagne.

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Acapulco, la station balnéaire mondialement connue, où se donnait rendez-vous la jet set d’Hollywood dans les années 50-60, est aujourd’hui frappée par une violence inouïe liée au trafic de drogue. Une catastrophe pour les habitants de cette ville, dont la seule activité économique est le tourisme. L’an dernier, quinze personnes étaient assassinées chaque jour ! Grâce à l’action des autorités, soutenues par les associations comme Habla Bien de Aca (« Parle bien d’Acapulco »), l’insécurité et la violence sont à la baisse et la célèbre station balnéaire commence à retrouver sa tranquillité et ses touristes.

Pour relancer l’économie locale, les autorités ont décidé de protéger la Costera, la zone touristique qui fournit des emplois aux habitants. La ville d’Acapulco qui reçoit cinq millions de touristes par an est séparée en deux zones aux traitements différenciés : la Costera, une zone sous haute surveillance où se trouvent les hôtels, les restaurants, les boîtes de nuit. Et celle des collines, pauvres et dangereuse.

Acapulco/Querétaro : diaporama

Philanthropie ou spéculation ?

Un groupe d’investisseurs, avec en tête le milliardaire Carlos Slim, l’homme le plus riche du monde, a décidé de restaurer l’Acapulco traditionnel, redonner vie aux hôtels somptueux et aux villas magnifiques qui accueillaient la jet set d’Hollywood dans les années 50. Le défi de Carlos Slim est de prendre en main le vieil Acapulco pour sortir de l’ornière la célèbre station balnéaire, estimant que l’insécurité se combat en créant des emplois.

Querétaro : mission accomplie

A 600 km plus au nord d’Acapulco, une autre ville relève des défis. C’est Querétaro, une ville d’un million d’habitants, qui se projette dans la modernité. Depuis la signature de l’Alena (accord de libre-échange nord-américain), le Mexique rêvait de se rapprocher du « premier monde », en attirant des investissements étrangers et en bâtissant un secteur industriel à forte valeur ajoutée

Querétaro possède de multiples atouts : sa paix sociale, son climat organisationnel, une bonne infrastructure, une bonne gouvernance institutionnelle, des parcs industriels et une culture patronale. L’autre avantage touche à l’éducation. Douze universités, dont le joyau est l’ UNAQ, l’université nationale aéronautique de Querétaro, qui fournit ingénieurs et techniciens aux avionneurs comme Bombardier, Safran, General Electric et quarante sous-traitants qui se sont installées à Querétaro.

Pour accompagner ce développement et attirer les investisseurs étrangers, la ville de Querétaro a modifié son aspect. C’est une ville coloniale qui a été restaurée et qui est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Elle est devenue la ville la plus sûre du Mexique. C’est un des rares Etats où les cartels de la drogue ne sont pas présents. Querétaro attire chaque année en moyenne 300 millions d’euros en investissements directs étrangers, en grande partie grâce à la sécurité qui y règne.

La ville de Querétaro, comme celle d’Acapulco, ont des capacités extraordinaires de développement, l’une dans les hautes technologies, l’autre dans le tourisme avec ses plages merveilleuses. Elles démontrent toutes deux que le Mexique ne pourra réellement se développer que s’il parvient à résoudre le problème du trafic de drogue.

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