Revue de presse des Amériques

A la Une : succession d’Hillary Clinton au département d’Etat; Susan Rice abandonne

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L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, ne succédera pas à Hillary Clinton
L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, ne succédera pas à Hillary Clinton REUTERS/Stephen Lam/Files

Susan Rice, renonce au département d'Etat. Après des attaques incessantes des républicains concernant l'affaire de Benghazi, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU jette l'éponge. Ce sujet se trouve en Une de pratiquement tous les grands journaux américains aujourd'hui. « Pour Barack Obama, la décision de ne plus vouloir placer Susan Rice au poste d'Hillary Clinton, était une décision très douloureuse », croit savoir le New York Times. « Car pour cela, il a dû abandonner publiquement l'une de ses conseillères les plus proches et les plus loyales. Cette loyauté de Susan Rice a finalement eu raison de ses aspirations », explique encore le journal. « C'est parce qu'elle savait qu'une bataille contre les républicains pour imposer sa candidature aurait fait du tort à Barack Obama, que Susan Rice a déchanté ».

Le quotidien conservateur National Journal estime au contraire que c'est Barack Obama qui a obligé Susan Rice à battre en retraite. Voyant comment l'affaire évoluait, le président n'avait en effet aucun intérêt à s'enfoncer d'avantage dans une crise avec les républicains, alors qu'il doit déjà gérer le problème du mur budgétaire avec eux. « Obama est suffisamment expérimenté pour savoir comment se retirer sans pour autant avoir l'air d'être bâttu. Pourtant, l'abandon de Susan Rice est bel et bien la première véritable défaite du président depuis sa réélection », conclut le National Journal.

Venezuela : Les partisans de Chavez déboussolés sans le « Commandante »

Au Venezuela se tiendront ce dimanche les élections des gouverneurs. Pour la première fois depuis 14 ans, la campagne se déroule sans Hugo Chavez. Le président vénézuélien est en effet absent, puisqu'il a subi une quatrième opération liée à son cancer, à Cuba. Et pourtant, titre La Nacion aujourd'hui, « la campagne électorale se termine avec Hugo Chavez comme protagoniste ».

« La campagne a été éclipsée par l'aggravation de l'état de santé de Chavez », fait remarquer le journal de Caracas. « Du coup, les candidats aux postes de gouverneur ont été obligés d'adapter leurs discours : lors de meetings électoraux, les candidats chavistes font référence au 'Commandante' pour faire entendre leur message. Et même les candidats de l'opposition ne peuvent pas faire de déclaration en public, sans souhaiter un prompt rétablissement au président », rapporte La Nacion.

Les électeurs vénézuéliens, et notamment les électeurs chavistes, sont en effet déboussolés par la maladie de leur président, ou comme l'écrit le journal Tal Cual: Le cancer d'Hugo Chavez est « le cancer de toute une nation ». Le mystère qui entoure l'état de santé du président n'aide pas à rassurer la population. La possibilité que le chef de l'Etat soit peut-être dans l'incapacité de prêter serment le 10 janvier prochain, est la principale préoccupation des Vénézuéliens en ce moment. « Pour ses partisans qui ont hissé leur 'Commandante' sur un piédestal et lui vouent un culte fervent, l'incertitude sur l'état de santé de leur idole s'apparente d'ores et déjà à un traumatisme », conclut Tal Cual.

Même son de cloche dans le journal El Universal qui écrit : « Le culte qui conjugue la magie et le religieux avec l'exaltation patriotique et héroïque s'étend et pénètre chaque jour d'avantage dans la conscience collective vénézuélienne », note le quotidien qui poursuit : « L'expression est devenue une consigne : "nous sommes tous Chavez" ». Pourtant, prévient El Universal, « 'le peuple bolivarien', comme Hugo Chavez aime appeler ses partisans, va devoir prendre son destin en main. La révolution bolivarienne, inventée et portée depuis de longues années par le président, va reposer sur les épaules de tous. Cette responsabilité, à laquelle le président n'avait pas habitué ses militants, les déstabilise profondément ». Pour El Universal, la réaction du peuple vénézuélien démontre encore une fois son immaturité politique : « En ce moment d'incertitude pour les uns, de tristesse pour les autres, on voit clairement que notre nation a tendance à transformer un soi-disant héros en son seul et unique sauveur ».

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