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ETATS-UNIS

Guantanamo: 11e anniversaire de l’ouverture du camp de détention

On compte toujours 166 détenus à Guantanamo.
On compte toujours 166 détenus à Guantanamo. REUTERS/DoD/Shane T. McCoy/Handout.

Ce vendredi 11 janvier a marqué un triste anniversaire : onze années se sont écoulées depuis les premiers transferts de détenus vers la prison de Guantanamo. C’est l'occasion de rappeler à l'administration américaine et plus particulièrement à Barack Obama les engagements qu'il avait pris en 2009, le soir de son investiture : « J’ai dit à maintes reprises que je fermerai Guantanamo et je vais m’y atteler. J’ai dit à maintes reprises que l’Amérique ne torturait pas et je vais m’assurer qu’on ne le fasse plus. C’est une part des efforts que les Etats-Unis doivent consentir pour que l’Amérique retrouve sa notoriété morale dans le monde. »

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Le président américain avait fait de la fermeture de la prison de Guantanamo une question prioritaire de son premier mandat. Quatre ans après, on compte toujours 166 détenus sur les 779 prisonniers qui y ont séjourné depuis 2002. Parmi ces prisonniers toujours détenus, plus de la moitié sont des Yéménites.

D'autres sont algériens, bosniens, ouzbèkes ou encore ouïghours. La question de la fermeture de ce centre de détention n'est plus du tout abordée par le président, qui vient d'être réélu pour un mandat de quatre ans et qui doit prêter serment dans dix jours, le 21 janvier.

Peut-on espérer une fermeture dans les mois ou les années à venir ?

Le président américain est dans une impasse. Barack Obama est pris dans un étau, un bras de fer entre les républicains du Congrès et l'exécutif démocrate. Cet étau a débouché sur une loi sur le budget de la Défense, qui compromet fortement la fermeture de Guantanamo.

La loi, promulguée début janvier, renouvelle entre autres l'interdiction de financer le transfert des détenus de la prison vers l'étranger, mais aussi vers les Etats-Unis, ce qui implique donc l'impossibilité pour les détenus d'être jugés ou incarcérés aux Etats-Unis et aussi de rentrer au pays. Pourtant, 55 détenus ont été déclarés « libérables » par les autorités, mais ils ne peuvent donc pas rentrer chez eux.

Des espoirs subsistent

Tout d'abord, la récente nomination de Chuck Hagel au poste de secrétaire de la Défense est un signe positif. Bien qu'il s'agisse d'un républicain, cet élu nage à contre courant parmi les conservateurs sur des questions clé, dont celle qui concerne la fermeture de Guantanamo qu'il a évoquée à plusieurs reprises. Mais de là à rallier des républicains à cette cause, le chemin est long et tortueux.

L'autre signe encourageant, ce sont les chiffres publiés récemment sur les coûts qu'engendre la détention d'un prisonnier à Guantanamo. Chaque détenu coûte 800 000 dollars par an, selon une estimation réalisée par l'administration Obama. Et en période de crise économique, de problème de dette publique, ces dépenses semblent disproportionnées.

En comparaison, un détenu incarcéré dans une prison de haute sécurité sur le sol américain coûte 34 600 dollars par an à l'administration américaine, selon un récent rapport du Congrès.

Des chiffres qui devraient donc encourager la fermeture de Guantanamo, puisqu’il est question de réduire les budgets de l'administration américaine. Mais il y a cette fameuse question de la dette publique qui est plus urgente à régler. Et puis, après la tuerie de Newtown, l'administration veut également réformer les lois sur les armes. Enfin, le dossier concernant l'immigration est également l'une des priorités de l'équipe d'Obama. Du coup, la fermeture de la prison de Guantanamo a été reléguée en dernière position.

D’autres prisons similaires existent

C'est le cas notamment de la prison de Bagram, située dans la province de Parwane, en Afghanistan, dont on n’entend très peu parler. En mars 2012, les Américains ont passé un accord avec les autorités afghanes et leur ont remis les prisonniers qui y étaient détenus. Mais depuis, les troupes américaines ont procédé à d'autres arrestations et ces détenus sont dans un flou juridique total.

Les témoignages d'anciens détenus convergent : les conditions d'incarcération sont pires que celles de Guantanamo et la torture y est systématique. En plus de Bagram, d'autres prisons existent, mais l’opinion publique n’en a jamais entendu parler. En matière de droits de l'homme, ce n'est pas vraiment un exemple.

Et puis, puisqu'on parle de Bagram et de l'Afghanistan, il faut rappeler un point non-négligeable : les talibans ont posé la fermeture de Guantanamo comme condition préalable à de futures négociations avec le gouvernement afghan. Or, les Américains tiennent à ce que ces discussions se déroulent, ce qui laisse là aussi un peu d'espoir pour une prochaine fermeture de Guantanamo.

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