Revue de presse des Amériques

A la Une : l'embarras des Etats-Unis face à l'intervention militaire française au Mali

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Barack Obama à la Maison Blanche lundi 14 janvier.
Barack Obama à la Maison Blanche lundi 14 janvier. EUTERS/Jason Reed

« Quelle aide devrions-nous fournir à nos alliés français ou à l'armée malienne », se demande-t-on toujours au sein de l'administration Obama. Mais alors que cette question est sur la table depuis plusieurs jours déjà, une réponse claire n'a toujours pas été trouvée, semble-t-il.

« L’administration Obama se montre très prudente quand il s'agit de s'impliquer davantage dans le conflit malien », écrit le Washington Post aujourd'hui. Ce qui pose particulièrement problème, ce sont les renseignements militaires, fournis par l'armée américaine à l'armée française. « Il est fort probable que les Français les utilisent pour cibler des insurgés à abattre. Mais pour l'instant, nous ne connaissons pas les réels objectifs de l'intervention française, ni comment les Français comptent les atteindre et contre qui précisément ils veulent se battre », explique un expert du Pentagone.

Le New York Times cite l'un de ces stratèges sous couvert d'anonymat : « On attend encore, il est vraiment trop tôt pour savoir la tournure que ce conflit va prendre ». Pourtant, souligne le journal, « Washington partage l'inquiétude de Paris concernant les conquêtes territoriales des jihadistes. Et à la Maison Blanche, on sait qu'on ne peut pas abandonner la France, un allié avec lequel les Etats-Unis ont travaillé si étroitement sur tant de dossiers anti-terroristes en Afrique ».

Les propositions de Barack Obama sur la régulation des armes à feu

Barack Obama doit présenter ce mercredi ses propositions sur le contrôle des armes.
« Les propositions du président américain vont probablement inclure une interdiction des armes d'assaut, une limitation de la taille des chargeurs et une vérification systématique des antécédents des acheteurs », détaille le New York Times. « Mais bien évidemment, l'administration doit également garder en tête les réalités politiques : faire adopter une nouvelle régulation des armes à feu par le Congrès, et notamment par la Chambre des représentants à majorité républicaine, va s'avérer difficile. Par conséquence, la Maison Blanche ne doit pas seulement réfléchir à l'efficacité de ses propositions mais aussi à leur faisabilité politique », estime le New York Times.

Et cette nouvelle bataille qui s'annonce au Congrès, alors que les propositions de Barack Obama sur les armes à feu ne sont même pas encore sur la table, tourmente d'ores et déjà un grand nombre de journaux américains. Ainsi le Miami Herald écrit : « L'annonce importante que le président s'apprête à faire aujourd'hui sur la régulation des armes va être l'objet d'âpres débats au Congrès. Plusieurs propositions de Barack Obama, comme celle d'interdire les armes d'assaut, risquent de ne même pas être soumises au vote à la Chambre des représentants. Mais le président, qui voudrait guérir la Nation toujours sous le choc de la tuerie de Newtown, ce président veut quand même tenter sa chance ».

« Et il le fait d'une manière qui contraste avec l'approche conciliante qui a caractérisé si souvent son premier mandat », estime de son côté le Tampa Bay Times. « Cette fois-ci, Obama veut s'imposer. Et pour réussir, il n'arrive pas avec des demi-mesures. Non, ce qu'il propose c'est bien le plus agressif et le plus vaste agenda pour la régulation des armes à feu depuis des générations. Ce plan ne va pas seulement susciter un tollé au sein des républicains, mais également provoquer des crispations parmi les démocrates centristes », prévient le quotidien qui conclut : « Le président ne manque pas de courage. Il sait que les temps s'annoncent difficiles ».

Le vice-président vénézuélien Maduro prononce discours sur l’état de la nation

Au Venezuela, le vice-président Nicolas Maduro a prononcé, à la place d'Hugo Chavez, le discours traditionnel sur l'état de la nation devant le Parlement. Selon le gouvernement chaviste, Nicolas Maduro ne fait qu'assurer l'intérim en attendant le retour du président, qui est toujours hospitalisé à Cuba. Mais pour la presse vénézuélienne, une étape a été franchie hier. El Universal estime que le gouvernement fait fi de la Constitution. « Notre système politique se transforme en une tyrannie », écrit le journal.

« Qui gouverne ? », se demande de son côté Ramon Guillermo Aveledo, le dirigeant de la coalition d'opposition dans les colonnes d'Ultimas Noticias. « En effet, le vice-président tient le discours sur l'état de la nation, alors qu'on ne lui a légué que certaines fonctions. Et le comble, c'est que Nicolas Maduro lui-même affirme que le président Chavez exerce pleinement ses fonctions. On n'y comprend plus rien ».

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