La revue de presse des Amériques

A la Une : otages sur un site gazier en Algérie, les Etats-Unis inquiets

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La réalité du Sahel rattrape en quelque sorte l'opinion publique américaine et l'administration Obama. « Des Américains sont pris en otages en Algérie », titre le Washington Post aujourd'hui. Le département d'Etat a confirmé, ce mercredi, qu'au moins sept ressortissants américains se trouvaient parmi les otages. Mais c'est bien la seule réaction officielle de la part de l'administration Obama aux Etats-Unis. En revanche, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, en visite à Rome, n'a pas mâché ses mots, rapporte le Washington Post. « Nous condamnons cette attaque terroriste. Je veux dire aux Américains que les Etats-Unis vont prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées pour gérer cette situation ».

La question est toujours de savoir quelles seront ces mesures dont parle Leon Panetta. Jusqu'à présent, le gouvernement américain s'est montré extrêmement hésitant concernant l'aide à fournir à l'armée française qui est engagée dans une intervention militaire au Mali. « Mais cette prise d'otages en Algérie, qui est vue à Washington comme une conséquence directe du conflit malien, pourrait obliger la Maison Blanche à revoir sa position », estime le New York Times. « Jusqu'à présent, les stratèges américains n'étaient pas sûrs que les groupes islamistes, actifs au Mali, représentaient une menace directe pour les Etats-Unis », poursuit le journal.

« Après l'attaque du site gazier en Algérie et la prise d'otages, il est clair que cette menace est bien réelle. Au sein de l'administration américaine, on craint maintenant que la prise d'otage en Algérie ne soit que le début d'une série d'attaques contre des Occidentaux dans la région ». Et le New York Times de conclure : « Si par malheur, les otages américains en Algérie étaient tués par leur ravisseurs, l'administration américaine pourrait revoir sa position et finalement décider d'engager des forces terrestres dans la bataille ».

Barack Obama : 23 propositions pour en finir avec la violence par les armes
 
L'autre grand titre dans la presse américaine, c'est bien évidemment le plan de Barack Obama pour réduire la violence par les armes à feu. Un plan en 23 points que le président a annoncé hier depuis la Maison Blanche.

La mesure la plus emblématique de ce plan est sans doute l'interdiction des armes d'assaut, estime aujourd'hui le Christian Science Monitor, qui lui consacre un long dossier. « Entre 1994 et 2004, une telle interdiction existait déjà mais elle n'avait pas été renouvelée par manque de consensus politique », note le journal de Boston. « La nouvelle proposition de Barack Obama concernant les armes d'assaut est plus sévère que l'ancienne, qui avait permis aux fabricants de contourner la loi en modifiant certains aspects cosmétiques de leurs armes. C'est la raison pour laquelle cette mesure a moins de chances de passer au Congrès », estime le Christian Science Monitor, qui conclut : « De toute façon, sachez que même si une nouvelle interdiction des armes d'assaut voyait le jour, elle ne serait pas rétroactive. On estime que 1 million et demi d'armes de ce type sont entre les mains de propriétaires privés aux Etats-Unis. Et elles ne leur seront pas retirées ».

L'autre mesure phare que le président Obama voudrait introduire dans la loi américaine, c'est la vérification des antécédents de chaque acheteur d'une arme à feu. Contrôler les acheteurs au moment où ils tentent d'acquérir une arme est en effet la proposition sur laquelle un plus grand nombre d'élus à la Chambre des représentants et au Sénat pourraient se mettre d'accord, écrit le Los Angeles Times. « En proposant de renforcer la vérification des antécédents des acheteurs, l'administration Obama fait un calcul politique », estime le quotidien. « Les conseillers du président pensent que cette mesure pourrait diviser l'opposition. Le but, c'est d'isoler le puissant lobby des armes à feu, la National Rifle Association, et ses plus fervents soutiens au Congrès des autres élus qui ont certes voté dans le passé contre une régulation des armes mais qui sont d'accord avec la phrase du vice-président Joe Biden qui a déclaré hier : après la tuerie de Newtown, le monde a changé. Maintenant on doit réagir ».

Cela étant dit, des élus de certains Etats américains pourraient s'avérer plus réticents que d'autres quand il s'agira de voter les propositions de Barack Obama. C'est notamment le cas des représentants de l'Etat de l'Arizona, où la législation sur les armes est particulièrement permissive, explique le journal régional The Arizona Republic. « Si jamais les nouvelles lois, souhaitées par Barack Obama voyaient le jour, leur impact serait plus important en Arizona que dans n'importe quel autre Etat de notre pays, estime le quotidien qui conclut : nos élus ont d'ores et déjà annoncé qu'ils se battraient jusqu'au bout. Chaque citoyen a le droit de porter l'arme qu'il souhaite ».

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