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Etats-Unis / Economie

Etats-Unis: le Salon de l’automobile de Détroit roule à deux vitesses

Le Salon de l'automobile de Détroit ferme ses portes le dimanche 27 janvier.
Le Salon de l'automobile de Détroit ferme ses portes le dimanche 27 janvier. REUTERS/Rebecca Cook
Texte par : Agnieszka Kumor
4 mn

Le secteur automobile est sous pression. En Europe, les fabricants restructurent leur production, et cela se traduit souvent par les suppressions d'emplois. Dernier en date, Renault prévoit de réduire ses effectifs en France de 7 500 d'ici fin 2016. Pendant ce temps-là, aux Etats-Unis le marché automobile est en plein essor.

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Le Salon international de l'automobile à Détroit (Michigan) ferme ses portes le 27 janvier 2013. Les nouveaux modèles ont été présentés en primeurs. 15 millions de véhicules neufs seront vendus aux Etats-Unis cette année, dont 1,6 million au Canada. Du jamais vu depuis 2007 !

Et pour cause. « L'économie américaine se porte mieux et l'automobile est l'un des secteurs clés de cette reprise », estime Yan Cimon, professeur agrégé à l’Institut Québécois des Hautes Etudes Internationales. La disponibilité du crédit a aidé cette reprise. Les prêts pour l’achat d’un véhicule sont octroyés aujourd’hui même aux personnes disposant d’un profil de crédit moins intéressant. Cette facilité du crédit pas cher est typiquement américaine, « mais aux Etats-Unis il y a beaucoup moins de défaut de paiement sur le prêt automobile que sur les crédits immobiliers », souligne Yan Cimon.

Les Etats-Unis redémarrent

Toutefois, cette reprise a eu un prix. Les constructeurs ont réduit considérablement leurs coûts et modifié leurs réseaux de distribution. Mais surtout, ils ont diminué leur production, réduit parfois des salaires d’une partie du personnel et même fermé des usines. L'accent a été mis sur le service client. L'internet est devenu incontournable pour vendre dans ce pays où huit habitants sur dix possèdent un véhicule. L'offre a été adaptée aux besoins des consommateurs américains. Gérard Morin, associé chez PricewaterhouseCoopers (PWC), responsable de l'industrie automobile, rappelle que « la flotte aux Etats-Unis a en moyenne 11 ans d’âge, donc beaucoup plus ancienne qu’en Europe ». Depuis 2012, les ventes de petits et moyens véhicules ont augmenté de près 3%. Quant aux plus gros véhicules, les 4x4 et les pick-up, ils diminuent de 3%.

Malgré cette spectaculaire croissance, les observateurs américains restent prudents, on craint la contagion par la crise européenne.

L'allemand Opel, filiale de l'américain General Motors, va sacrifier son usine de Bochum.
L'allemand Opel, filiale de l'américain General Motors, va sacrifier son usine de Bochum. Reuters/Jim Young/Ina Fassbender

L’Europe cale

Malgré des volumes comparables, le marché européen est moins flexible et moins homogène. Les marques françaises généralistes dégringolent, mais le haut de gamme allemand tire son épingle du jeu. De plus, la crise de l'euro a modifié le comportement des Européens. « En 2012, rappelle Gérard Morin, nous avons perdu près de 8% de ventes. Et cette tendance négative va se poursuivre en 2013 ». Crise économique, austérité, fiscalité lourde, pouvoir d’achat des consommateurs en baisse sont les facteurs de cette dégradation du secteur automobile européen.

En Europe, les marchés continuent à supporter les conséquences de la période de prime à la casse, introduite pour contrecarrer les effets de la crise de 2008-2009. « Nous avons anticipé les actes d’achat, et il faut attendre cinq ans avant d’en sortir. La courbe pourrait s’inverser à partir de fin 2013, début 2014 », précise Gérard Morin. En attendant, l'américain Ford prévoit la disparition de deux usines britanniques et l'allemand Opel, filiale de General Motors, va sacrifier son usine de Bochum.

Les pays émergents

On cherche le moindre coût, mais aussi les marchés porteurs. Car la croissance de l'automobile mondiale est essentiellement tirée aujourd'hui par les pays émergents. « La Chine, et l’Asie en général, continuera d’être la locomotive des ventes mondiales », estime Yan Cimon. « Des pays comme le Brésil prennent de l’importance. L’Amérique du Nord restera un marché de référence. Du côté de l’Europe, les manufacturiers auront intérêt à redéployer leurs ressources vers des marchés, où la croissance est beaucoup plus importante ». De ces grands marchés profiteront surtout les constructeurs qui choisissent d'y installer leurs usines.

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