Cinéma

Le film dont la statue de Lincoln sort grandie

Lincoln, de Steven Spielberg, avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn. En salles en France à partir de ce 30 janvier.
Lincoln, de Steven Spielberg, avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn. En salles en France à partir de ce 30 janvier. 20th Century Fox

C’est le film que tout le monde attend : Lincoln, de Steven Spielberg. Le cinéaste qui a su peindre le rêve américain mieux que quiconque, y fait le portrait du 16e président des Etats-Unis d’Amérique.

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C’est une bataille homérique que filme Steven Spielberg dans Lincoln, l’une de ces batailles qui changent le cours des événements. Celle que, des mois durant, le 16e président des Etats Unis d’Amérique livra pour faire abolir l’esclavage. Bien sûr, il fallait un acteur hors normes, Daniel Day-Lewis, pour incarner la figure la plus charismatique de l’histoire du pays. « Il avait compris le pouvoir des mots, par l’inconscience des mots, quand elle est maîtrisée, pour arriver à une efficacité unique. »

La puissance du verbe

Pour incarner Abraham Lincoln, l’acteur irlandais s’est métamorphosé : longue barbe, voix de fausset, dos voûté. Mais dès qu’il s’agit de défendre sa cause devant un congrès hostile, le vieillard se transforme en orateur de génie. Car Lincoln est avant tout un film sur la puissance du verbe et de la pensée. « A la base, poursuit Daniel Day-Lewis, Lincoln était avocat. Les gens autour de lui avaient souvent peur qu’il se noie dans ses propres pensées. Parfois, on a même dit qu’il était de tempérament mélancolique, mais le plus souvent, je pense, il n’était qu’entraîné dans son processus de réflexions qui donnait peut-être cette impression. »

« Les coudées franches »

Il est difficile de ne pas faire le parallèle avec Barack Obama, dont Spielberg a soutenu la campagne électorale, même si le film respecte la réalité historique jusque dans ses moindres détails. « Les politiques du temps de Lincoln avaient beaucoup plus les coudées franches dont ce qu’ils pouvaient dégagés, remarque Daniel Day-Lewis. Tout n’était peut-être pas très juste sur son passé, mais il savait que cela lui donnait une aura, un lien avec le peuple. Pour eux, il restait un homme ordinaire. Il était l’un d’eux. C’est à la fois vrai et à la fois c’est un truc. »

Car le film ne passe pas sous silence les manœuvres qu’il s’agit de déployer pour obtenir le vote des députés. Il y a l’homme et il y a le mythe : Spielberg montre comment l’un se nourrit de l’autre et paradoxe, la statue de Lincoln en sort grandie. ____________________________________
Lincoln, de Steven Spielberg, avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn. En salles en France à partir de ce 30 janvier.

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