Argentine / FMI

Le FMI accuse l’Argentine de tronquer ses statistiques et menace le pays d’exclusion

La présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner (ici face à ses supporters, le 14 août  2011 à Buenos Aires).
La présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner (ici face à ses supporters, le 14 août 2011 à Buenos Aires). REUTERS/Enrique Marcarian

Le torchon brûle entre le Fonds monétaire international et l'Argentine. Le FMI accuse le gouvernement argentin de manipuler ses statistiques économiques et l'enjoint de corriger ses chiffres. Faute de quoi des sanctions, pouvant aller jusqu'à l'exclusion de l'Argentine, sont envisagées.

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Après plusieurs remontrances sans effet, le FMI a décidé de frapper fort. Les statistiques officielles annoncent en effet une inflation à 10,8% en Argentine, tandis que des instituts privés évaluent cette inflation à plus du double, avançant le chiffre de 25,6%.

Le FMI a appelé l'Argentine à « à adopter sans délai les mesures visant à corriger les inexactitudes de ses statistiques et à se conformer aux standards internationaux », fixant un ultimatum au mois de septembre prochain, dans un communiqué.

Des sanctions graduelles envisagées, qui peuvent aller jusqu'à l'exclusion

Si l’Argentine ne s’exécute pas, des sanctions progressives s'imposeraient, le FMI ayant déclenché une « déclaration de censure » qui pourrait conduire à l’exclusion de l’Argentine du Fonds monétaire international.

En premier lieu, l’Argentine se verrait dans l'impossibilité d'emprunter au FMI. Ensuite, les sanctions peuvent aller jusqu’au retrait à l’Argentine de son droit de vote au sein des instances du Fonds. Et dernière sanction applicable en cas de non respect des injonctions du FMI : l'exclusion.

Une seule exclusion a été prononcée par le FMI depuis 1944

Une sanction qui n’a cependant été appliquée qu’une seule fois depuis la création du FMI, en 1944. Seule la Tchécoslovaquie a été exclue de l’instance internationale, en 1954.

La querelle entre l'Argentine et le FMI n'est pas nouvelle. L'argentine estime que le FMI est responsable de la faillite du pays en 2001.

En 2006, l'Argentine est parvenue à rembourser sa dette à l'égard de l'institution financière. Depuis, elle a réduit au minimum ses relations avec le FMI. Réagissant à la menace d'exclusion, le gouvernement argentin refuse de servir d'exemple et dénonce le « deux poids, deux mesures » de cet organisme dans ses relations avec les différents pays membres.

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