La Revue de Presse des Amériques

A la Une : Nicolas Maduro, l’héritier d'Hugo Chavez, nouveau président du Venezuela

Le nouveau président Nicolas Maduro avec sa femme (droite) Cilia Flores après les résultats officiels du scrutin, le 15 avril 2013.
Le nouveau président Nicolas Maduro avec sa femme (droite) Cilia Flores après les résultats officiels du scrutin, le 15 avril 2013. REUTERS/Tomas Bravo

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Le nouveau président Nicolas Maduro avec sa femme (droite) Cilia Flores après les résultats officiels du scrutin, le 15 avril 2013.
Le nouveau président Nicolas Maduro avec sa femme (droite) Cilia Flores après les résultats officiels du scrutin, le 15 avril 2013. REUTERS/Tomas Bravo

« Maduro n’a gagné que d’un cheveu », titre Ultimas Noticias. Effectivement, le dauphin désigné par Hugo Chavez , n’a remporté les élections présidentielles qu’avec 50,66% des voix, contre 49,07% pour son grand rival, Henrique Capriles, qui a reconquis des espaces dans 8 Etats et 11 capitales, écrit El Nacional.

Ultimas Noticias publie des photos de deux réalités opposées des Vénézuéliens à l’annonce des résultats : ceux qui d’un côté fêtaient la victoire du successeur désigné de Chavez, et de l’autre, ceux qui pleuraient la défaite de Capriles.

« Le Conseil national électoral annonce un avantage de 1,5 % des voix pour Maduro », écrit El Nacional, avec une différence de seulement 235 000 voix 

L’opposant Henrique Capriles n’a pas encore reconnu les résultats

Non seulement il n’a pas reconnu sa défaite, mais il exige que tous les bulletins de vote soient recomptés, écrit El Nacional. « Ouvrez les urnes, ça ne me fait pas peur », a rétorqué Nicolas Maduro, qui s’est entretenu avec son rival par téléphone.  
Selon le journal chaviste Correo del Orinoco, Maduro a accepté que toutes les urnes soient examinées par le Conseil électoral. Mais El Nacional cite Maduro qui sollicite un recomptage de seulement 54% des voix. L’un des cinq directeurs du Conseil électoral, Vicente Díaz a sollicité un audit de 100% des urnes, écrit Tal Cual, car, explique-t-il, « le différentiel de voix est infime, et il y a eu lors du processus électoral quelques irrégularités qui peuvent avoir altéré le résultat ».

Malgré cette éventualité d’un recomptage des voix, les messages de félicitations se multiplient des pays voisins

« Maduro a gagné, la révolution continue », titre le quotidien officiel en ligne Cubadebate. Cuba, grand allié de la république bolivarienne du Venezuela, et dont les médecins avaient opéré à quatre reprises l’ancien président Hugo Chavez atteint d’un cancer,  accueille chaleureusement la victoire « du simple travailleur Maduro, qui a gagné contre l’immature petit bourgeois ». Raul Castro a envoyé un message de félicitation à Nicolas Maduro et « l’a félicité pour son important triomphe qui démontre la force des idées et l’œuvre du Comandante Chavez », décédé le mois dernier,http://www.cubadebate.cu/noticias/2013/04/15/envia-raul-mensaje-de-felicitacion-a-nicolas-maduro-por-la-victoria-electoral/ ." target="_blank"> a-t-il déclaré.

« Surprise et tension au Venezuela, Maduro reconnaît une courte victoire, que Capriles ne reconnaît pas », titre le journal argentin http://www.lanacion.com.ar/1572834-la-presidenta-felicito-a-maduro-y-pidio-memoria-y-gratitud-a-hugo-chavez " target="_blank">La Nación. La présidente argentine Cristina Kirschner a néanmoins félicité Nicolas Maduro et le peuple vénézuélien dans un message sur Twitter.  « Mémoire et gratitude pour toujours à notre ami et compagnon Hugo Chavez », a écrit la présidente.

En revanche, aux Etats-Unis, et notamment en Floride, l’heure n’est pas à la fête

Le Miami Herald affiche en Une des photos de partisans de Henrique Capriles en pleurs. « Hugo Chavez a montré son pouvoir depuis sa tombe ce dimanche, lorsque son successeur désigné a gagné ces élections contestées, que beaucoup ont interprété comme un tribut rendu au socialiste exalté », écrit le journal de Floride où réside une forte communauté d’anti-chavistes et anti-castristes. A l’annonce des résultats, les opposants au chavisme ont crié à la fraude, poursuit le journal.

Un expert de l’Amérique Latine au Washington Post écrit dans ce journal que « Nicolas Maduro a été un véritable expert pour polariser la campagne et gagner ainsi des voix ». Le site en ligne Infolatam livre lui aussi un regard critique : « la victoire serrée de Nicolas Maduro va plonger le Venezuela dans une profonde crise politique et institutionnelle dans les prochains mois », prévient-il. « Les résultats ont fragilisé le chavisme et entamé le leadership de Nicolas Maduro et ils ont octroyé à Henrique Capriles les capacités d’ébranler le régime », écrit le site en ligne.

La presse brésilienne est elle aussi critique

« Nicolas Maduro sort fragilisé de ce scrutin », estime la Folha de Sao Paulo . « N’oublions pas, poursuit le journal, que le nouveau président représente seulement la frange civile du chavisme, la frange militaire étant incarnée par Diosdado Cabello, le président de l’Assemblée nationale. En plus, le résultat serré obligera Nicolas Maduro à modifier le discours manichéen de son prédécesseur. Il ne peut plus continuer à se mettre à dos la moitié du pays, en la qualifiant d’oligarques et de petits yankees.

De toute façon, écrit la Folha de Sao Paulo, dans un premier temps, le président n’aura que très peu de marge de manœuvre pour s’attaquer aux défis qui l’attendent, notamment en matière économique. Impossible pour lui de toucher au taux de change fixe ou d’augmenter le prix du gazole. Ces  deux mesures sont extrêmement impopulaires et ne font pas l’unanimité au sein du gouvernement. »

Un autre journal brésilien, O Globo, estime qu’avec la courte victoire de Nicolas Maduro se termine un cycle politique dans le pays. « Depuis 2006 le chavisme est en déclin dans les urnes, explique O Globo. En 2013, l’électorat est plus divisé que jamais. Cette élection d’hier a fourni une ultime preuve que le modèle hégémonique chaviste, conçu par son fondateur, appartient au passé. Depuis hier, plus rien ne sera comme avant au Venezuela », conclut O Globo.

Les prochaines étapes

Le nouveau président devra prêter serment devant l’Assemblée nationale et prendra les rennes du pays pendant cinq ans et sept mois, et non pas pour six ans, c’est ce qu’expliquent deux avocats cités dans Ultimas Noticias. Car celui qui vient d’être élu devra compléter la période entamée par  Hugo Chavez, et interrompue par sa mort.
Mais ceci n'est que la théorie. Le Conseil électoral a décidé de proclamer Nicolas Maduro vainqueur des élections présidentielles dès ce lundi écrit Correo del Orinoco, alors qu’il ne l’avait fait que trois jours plus tard lors des élections d’octobre dernier fait remarquer http://www.ultimasnoticias.com.ve/noticias/actualidad/politica/cne-proclama-hoy-mismo-a-maduro-como-presidente-el.aspx ." target="_blank">Ultimas Noticias. Mais, c'est surtout le recomptage des voix qui alimente les débats ce lundi au Venezuela, dans un pays extrêmement polarisé entre pro et anti-Chavez. 

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