Brésil / OMC

Roberto Azevedo à la tête de l’OMC, un succès pour la diplomatie brésilienne

Roberto Azevedo, le nouveau directeur général de l'OMC.
Roberto Azevedo, le nouveau directeur général de l'OMC. REUTERS/Luke MacGregor

Roberto Azevedo a été élu directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, hier mardi 7 mai. Au Brésil, son élection est célébrée comme une victoire de la diplomatie. La présidente Dilma Rousseff évoque un « ordre mondial plus dynamique et juste ».

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Avec notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard

C’était presque un climat de finale de Coupe du monde. Le Brésilien Roberto Azevedo était loin de tenir la corde contre le Mexicain Herminio Blanco, mais lorsque la victoire est apparue certaine, au bout de quatre mois de campagne, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a évoqué un « ordre mondial plus dynamique et juste ». Le chef de la diplomatie brésilienne parle quant à lui d’un « ordre international en transformation ». Lors d’une conférence de presse convoquée à la hâte, Antonio Patriota est apparu radieux.

Car le Brésil a rallié derrière son candidat tous les grands pays émergents, les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), la Chine en tête, mais aussi la plupart des pays africains. Une forme de récompense pour la diplomatie brésilienne en Afrique, qui s’est traduite par l’ouverture de nouvelles ambassades et le développement du commerce.

Roberto Azevedo a la réputation d’être un technicien habile, un diplomate qui connaît de l’intérieur la machine de l’OMC, où il représente le Brésil depuis cinq ans. De l’habileté, il lui en faudra pour débloquer les négociations commerciales internationales, qui sont au point mort depuis de nombreuses années.

Roberto Azevedo a 55 ans et une carrière de diplomate derrière lui. Sa spécialisation dans les relations commerciales ne sera pas de trop pour débloquer le fastidieux cycle de Doha. Azevedo a remporté dans le passé plusieurs litiges commerciaux en faveur du Brésil, notamment dans le cas des subventions pour le coton contre les États-Unis et des subventions à l'exportation de sucre contre l'Union européenne.

Par ailleurs, il a participé à presque toutes les conférences ministérielles depuis le lancement en 2001 des négociations de Doha. Débloquer ce processus de libéralisation du commerce au profit des pays pauvres a même été son cheval de bataille dans la course pour le fauteuil du chef de l'OMC. Et il faut croire que cela lui a réussi.

Le nouveau directeur général devra immédiatement s'atteler à la tâche. La 9e Conférence ministérielle prévue à Bali, en décembre prochain, portera sur la simplification des procédures douanières. Une mesure qui a pour but de soutenir la croissance mondiale.

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