Haïti

Haïti : l'ex-président Aristide sort de son silence

L'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, à Pretoria, en 2006.
L'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, à Pretoria, en 2006. (Photo : AFP)

L'ancien président d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide, a fait le 9 mai sa première déclaration à la presse depuis son retour d'exil il y a plus de deux ans. Cette déclaration fait suite à son défilé la veille dans les rues de Port-au-Prince, après son audition auprès du juge sur l'affaire du meurtre en avril 2000 du célèbre journaliste Jean Dominique. S'il a longuement remercié le peuple haïtien pour son soutien, Aristide a surtout profité de l'occasion pour clairement positionner son parti dans la prochaine bataille électorale.

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Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Jean-Bertrand Aristide répète encore aujourd'hui qu'il ne fait plus activement de la politique, mais sa déclaration exprime clairement qu'aucune élection ne pourra, selon lui, désormais se faire sans la participation son parti Fanmi Lavalas :

« L'un des plus gros problèmes que nous avons en Haïti aujourd'hui est la faim. Un seul parti politique ne peut pas résoudre ce problème de faim. Fanmi Lavalas est devenu plus fort, plus puissant. S'il y a des élections libres honnêtes et démocratiques, il y a de fortes chances pour qu'il remporte une bonne partie, mais la vérité aussi c'est que Fanmi Lavalas se tromperait s'il pensait qu’avec cette grosse part du gâteau électoral, il pourrait résoudre seul le problème de la faim. C'est faux. Avec tout le respect pour les autorités en place, elles ne peuvent résoudre seules ce problème. Cela demande que l'on trouve une forme d'entente entre ceux au pouvoir et ceux qui ne le sont pas pour voir comment on peut soulager cette question de la faim ».

Et Jean-Bertrand Aristide a brièvement, mais directement critiqué l'actuel président Michel Martelly. Il a témoigné de sa compassion pour la diaspora haïtienne qui supporte des frais supplémentaires sur les transferts d'argent et les appels téléphoniques. De nouvelles taxes voulues par Martelly pour financer les programmes d'éducation.

Par ce message très politique, Jean-Bertrand Aristide lance implicitement la campagne électorale, pour les élections locales et sénatoriales dont les dates n'ont pas même encore été fixées. Des scrutins qui à l'origine auraient dû se tenir en novembre 2011.

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