Uruguay

Mobilisation à Montevideo pour juger les crimes de la dictature uruguayenne

Mobilisation à Montevideo en hommage aux disparus de la dictature (1973-1985). Les manifestants réclament que justice soit faite.
Mobilisation à Montevideo en hommage aux disparus de la dictature (1973-1985). Les manifestants réclament que justice soit faite. REUTERS/Andres Stapff
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Importante mobilisation, ce lundi 20 mai au soir, dans la capitale uruguayenne, Montevideo, pour réclamer que les crimes de la dictature soient jugés. Contrairement à l’Argentine voisine, l’Uruguay maintient une loi d'amnistie en faveur des militaires au pouvoir entre 1973 et 1985.

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Avec notre correspondant à Montevideo, Jean-Louis Buchet

« Pas de justice, pourquoi ? », derrière cette banderole, près de 30 000 personnes ont manifesté à Montevideo dans la soirée du lundi 20 mai pour réclamer que les responsables des crimes de la dictature soient enfin jugés.

Depuis 1986, une loi d’amnistie, ratifiée ensuite par référendum, bloque toute possibilité de procès. En 2012, le Parlement, dominé par le Front élargi, la coalition de gauche du président José Mujica, avait adopté une nouvelle loi, annulant partiellement l’amnistie dans les cas de crimes contre l’humanité. Mais la Cour suprême l’a déclarée inconstitutionnelle en février.

L'exemple argentin

C’est sans doute pour cette raison, qu'à la date du 20 mai, date à laquelle est traditionnellement rappelé le souvenir des disparus, les manifestants étaient plus nombreux que par le passé. La mort en prison, vendredi 17 mai, de l’ancien dictateur argentin Jorge Videla, les a également mobilisés. Les organisations de défense des droits de l’homme et les proches des victimes ont demandé que l’Uruguay suive l’exemple de son voisin, où des centaines d’ex-militaires ont été jugés et condamnés.

Mais le verrouillage de la Cour suprême, dans un pays où une partie majoritaire de l’opinion ne veut pas que le dossier de ces années noires soir rouvert, laisse peu d’espoir à ceux qui réclament justice, même trente ans après la dictature.
 

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