Cuba

Cuba: le web pour tous, mais sous contrôle

Des cubains, dans l’une des 118 « salles de navigation » ouvertes dans le pays ce mardi 4 juin.
Des cubains, dans l’une des 118 « salles de navigation » ouvertes dans le pays ce mardi 4 juin. REUTERS/Stringer

Depuis mardi 4 juin, Cuba autorise l'accès public à Internet, avec l'ouverture de 118 «salles de navigation». Cette décision est une «Revolución» dans le web cubain, mais la connexion aux particuliers depuis leur domicile reste toujours impossible.

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Depuis 20 ans, les autorités de l’île ont limité l’utilisation d’internet à un « usage social », c'est-à-dire réservé aux institutions, aux universités et à certaines professions, comme les médecins ou les journalistes. Mais cet accès est resté limité car, jusqu’en 2011, Cuba n’était connectée à la toile que par satellite. L'arrivée d'un câble sous-marin fourni par le Venezuela est arrivé ensuite.

Tout particulier pourra surfer dans ces salles pour cinq dollars de l'heure, et dépenser la moitié de cette somme, pour relever son courrier électronique. Des tarifs à comparer au salaire mensuel moyen des Cubains, qui se situe autour de 19 dollars.

Censure déguisée

Le ministère cubain des Communications prétend que seules des raisons « technologiques et financières », expliquent l’accès bridé au Web. En effet, les autorités cubaines restent très sensibles aux tentatives de « subversion » orchestrées, selon elles, depuis les Etats-Unis, via les réseaux sociaux, comme Facebook ou Twitter. Une « cyber paranoïa » révélée par une vidéo qui circule sur le Net, dans laquelle un expert en informatique cubain détaille, devant un parterre de responsables présumés du ministère de l'Intérieur, comment « l'ennemi » américain organise la contre révolution grâce au Web.

Internet a toujours été l’ennemi juré de la révolution cubaine. Il sera d’ailleurs certainement contrôlé dans les 118 « salles de navigation » ouvertes à la population. L’une des raisons pour lesquelles les autorités cubaines ont choisi d’ouvrir ces salles, et non des cybercafés, est qu’elles craignent la commercialisation des services Internet à destination des particuliers par le secteur privé. Cette configuration échapperait à leur surveillance.

Les opposants et les cyberdissidents dénoncent une fois de plus la censure que l’Etat cubain exerce dans ce pays où tous les autres médias sont déjà sous contrôle.
 

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