Equateur

En Equateur, une loi sur les médias inquiète les journalistes de l'audiovisuel privé

Le président équatorien Rafael Correa, le 24 mai dernier à Quito.
Le président équatorien Rafael Correa, le 24 mai dernier à Quito. REUTERS/Gary Granja

Un nouvelle loi a été votée vendredi 14 juin en Equateur. Dorénavant, les médias privés vont avoir plus de mal à obtenir des fréquences. Explication donnée par le président socialiste Rafael Correa, initiateur de cette réforme : le secteur privé domine de très loin les radios et les télévisions. Mais il est aussi de notoriété publique que le chef de l'Etat est en conflit ouvert avec cette presse privée très critique.

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Le rapporteur de la nouvelle loi, le député Mario Andino (du parti de Rafael Correa), se veut rassurant : la législation adoptée n'est pas liberticide.

Selon lui, « il ne s’agit par d'étouffer l'information ». « Au contraire, ce que nous voulons, c'est éviter que l'information, qui est un service public, soit un produit commercial et que les journalistes deviennent des acteurs politiques, qu'ils donnent leur opinion plutôt que d'informer. »

Le texte prévoit que les fréquences seront réparties en trois parts égales de 33% entre les médias publics, privés et communautaires. Ces journalistes issus de médias privés bien souvent critiques du pouvoir seront donc moins entendus. Mais ils seront aussi encadrés : la loi prévoit de créer un « conseil de régulation ».

Pour Sebastian Mantilla, directeur du Centre d'études politiques latino-américain de Quito, « ce " conseil de régulation " sera fondamentalement contrôlé par le gouvernement, qui finira par imposer des sanctions administratives, des amendes et des suspensions aux médias privés et aux journalistes qui y travaillent. Et puis, la loi dit que l'information doit être " objective et factuelle ", mais elle n’explicite pas ces termes. Elle laisse donc la place à une libre interprétation et à des manipulations en fonction d'intérêts politiques. »

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch qualifie déjà cette loi d' « atteinte à la liberté d'expression ».

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