Etats-Unis / Russie

Affaire Snowden: les Etats-Unis calment le jeu, la Russie embarrassée

Edward Snowden à la télévision lors d'un bulletin d'information, dans un café de l'aéroport Sheremetyevo, à Moscou, le 26 juin.
Edward Snowden à la télévision lors d'un bulletin d'information, dans un café de l'aéroport Sheremetyevo, à Moscou, le 26 juin. REUTERS/Sergei Karpukhin

L'affaire Snowden a pris ces dernières 48 heures une autre tournure depuis que l'ex-consultant de la CIA a révélé que les États-Unis espionnaient même leurs alliés, y compris les institutions de l’Union européenne. Face à la colère de Bruxelles, les autorités américaines tentent de calmer le jeu. Snowden a par ailleurs adressé une demande d'asile à 15 pays. Washington veut son extradition pour le juger, mais Moscou n'est pas disposée à le livrer.

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Avec nos correspondants à Washington et à Moscou, Jean-Louis Pourtet et Anastasia Becchio

Les États-Unis essaient de calmer la tempête européenne, mais sans pourtant exprimer le moindre sentiment de repentir. Du moins pour le moment. Il n’y a eu que très peu de réactions à Washington où beaucoup de responsables sont partis en vacances. C’est le cas notamment du Congrès.

Dimanche, la direction nationale du renseignement avait annoncé qu’elle donnerait des explications par la voie diplomatique. Mais ce lundi, lors du point de presse du département d’État, pas un mot n’a été dit sur la plainte des Européens. Si John Kerry a réagi depuis Brunei où il est en visite officielle, il l’a fait de façon prudente. Il a déclaré avoir été surpris lorsque Catherine Ashton lui a posé des questions à ce propos. « Je veux voir d’abord les allégations et ensuite j’ai besoin de savoir si elles sont fondées », lui a-t-il répondu.

Obama réaffirme la solidité des liens avec l’UE

Depuis la Tanzanie où il termine sa tournée africaine, Barack Obama a cherché lui aussi à apaiser la colère des Européens. Tout en défendant le programme de la NSA (Agence nationale de sécurité), il a tenu à réaffirmer la solidité de l’alliance entre les États-Unis et l’Europe. « En fin de compte, a-t-il déclaré, nous travaillons ensemble de façon si étroite qu’il n’y a presque pas d’informations qui ne soient pas partagées entre nos divers pays ». Le président a confirmé que les explications seraient données en utilisant les canaux diplomatiques traditionnels, une fois que les plaintes auraient été examinées.

Dans la presse d’outre-Atlantique, les éditoriaux sur le sujet sont rares pour le moment, la plupart des grands quotidiens se limitant à donner le factuel. Ces journaux ont été souvent assez critiques à l’égard des affaires concernant l’espionnage des communications des Américains. Mais il est probable qu’en ce qui concerne l’indignation de l’Europe, les éditorialistes tendront à conforter la position officielle, reprise par Barack Obama en personne : en matière d’espionnage, les Européens n’ont rien à envier aux Américains.

Gêne de la Russie

Cela fait maintenant neuf jours qu'Edward Snowden a quitté Hong Kong. Depuis, celui que les États-Unis recherchent pour espionnage est depuis bloqué dans la zone internationale d'un aéroport de Moscou. L'Équateur et l'Islande ont été évoqués dans un premier temps comme de possibles destinations. Mais finalement, l’ex-consultant de la CIA a demandé l'asile politique à 15 pays.

Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov cité par Interfax, Snowden a finalement renoncé à demander l'asile à la Russie. En tant qu’ancien agent du KGB, le président russe affiche d'une certaine manière une forme de solidarité avec les États-Unis. Mais pas question pour autant de livrer Snowden à Washington, même si la tentation est sans doute grande de tenter de l'échanger contre une grosse pointure, comme l'ancien militaire Viktor Bout, emprisonné pour trafic d'armes aux États-Unis.

Snowden vers le Venezuela ?

Mais Edward Snowden pourrait tout aussi bien se réfugier dans l’un des 15 autres pays auxquels il a demandé asile. La Bolivie ou le Venezuela notamment, dont les présidents participent actuellement à Moscou au Forum des pays exportateurs de gaz. L’un de ces dirigeants pourrait-il repartir de la capitale russe avec Snowden dans sa délégation ? C’est la rumeur qui circule depuis plusieurs jours dans les médias russes.

Le président vénézuélien avait dit qu’il accorderait l’asile de façon « quasiment certaine » au jeune homme. Vladimir Poutine, qui doit s’entretenir aujourd’hui, entre autres, avec Nicolas Maduro, a dit ne rien savoir de ses plans, ni de ceux des autres participants au Forum.

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