Cuba / Union européenne

Guillermo Farinas: «Exiger comme un seul bloc la construction d'une démocratie cubaine»

Le dissident cubain a enfin reçu devant le Parlement européen son prix Sakharov pour la liberté de penser, décerné en octobre 2010.
Le dissident cubain a enfin reçu devant le Parlement européen son prix Sakharov pour la liberté de penser, décerné en octobre 2010. REUTERS/Vincent Kessler
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L'opposant cubain Guillermo Farinas a enfin reçu son prix Sakharov pour la liberté de penser, ce mercredi 3 juillet 2013. Il lui avait été attribué il y a presque trois ans par le Parlement européen. Après la cérémonie à Strasbourg, le dissident doit faire une tournée en Europe, avant de se rendre aux Etats-Unis, à Miami, pour subir une opération. Il espère être de retour à Cuba fin juillet pour fédérer l’opposition.

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Guillermo Farinas : L’opposition cubaine est très vaillante et très courageuse, mais il y a des choses qu’on doit changer fondamentalement. D’abord, nous devons nous transformer pour incarner la solution dans ce conflit entre la population et le gouvernement, parce qu’il y a des gens qui n’ont pas peur, mais il y a aussi une bonne partie de la population qui n’est pas satisfaite mais qui a peur. On doit prendre en compte ces gens-là. On doit faire des propositions sociales et politiques qui satisfassent la population. Et deuxièmement, en tant qu’opposition, on doit s’unir pour former un seul bloc, parce que les fondateurs de la révolution disparaissent et la transition va commencer. Quand leurs successeurs désignés vont essayer de vendre une démocratie bidon, à ce moment-là, l’opposition doit être unie et proche du peuple pour dire qu’il n’y a qu’une seule démocratie. Il y a la démocratie, ou il y a un régime autocratique. Comme opposition, nous devons exiger comme un seul bloc la construction de la démocratie.

RFI : Qu’est ce que ce prix a changé pour vous ?

Ca a changé que ça a amélioré la façon dont notre cause est perçue à Cuba. A partir de ce moment-là, j’ai compris qu’on m’avait converti en une icône de la démocratie à Cuba et que je ne pouvais tricher avec cette personne, qui avait reçu le prix. Donc, j’ai essayé d’être un meilleur patriote et un meilleur démocrate. Voilà ce que ça a changé.

Le recevoir presque trois ans après, qu’est ce que ça représente ?

Le fait que je sois là trois ans et non pas trente ans après, ça veut dire que le régime est fragile et qu'il veut améliorer son image à l’étranger pour survivre. Cela nous confirme qu’on doit poursuivre ce que l’on fait, mais qu’on doit améliorer encore ce qu’on fait en tant qu’opposants au régime castriste. L’essentiel, pour l’instant, est d’essayer de réunir les forces de l’opposition interne, que les exilés cubains partout dans le monde -en Europe ou dans les Amériques- comprennent que c’est un moment crucial, qu’on ne peut pas reculer. C’est un moment historique ; le gouvernement cubain a perdu sa crédibilité, et il est très important qu’on augmente nos actions et nos activités pour ne pas lui laisser le temps de récupérer.

L’accès à internet, est-ce que ça a changé quelque chose à Cuba ?

L’accès a été limité depuis les années 1980, où il a commencé à entrer en fonction. On ne pas y accéder partout, et il y a des opinions qu’on ne peut pas exprimer ou recevoir. Donc, c’est un moyen de détourner l’attention pour faire croire qu’on a internet, alors qu’on ne l’a pas. Internet est un moyen de délivrer des informations et des opinions. Si on limite son utilisation de quelque manière que ce soit, ça devient une parodie.

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