Bolivie

Fronde latino-américaine après l’escale forcée d’Evo Morales en Autriche

Le président bolivien Evo Morales (d.) et son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, à Cochabamba, en Bolivie, le 4 juillet 2013.
Le président bolivien Evo Morales (d.) et son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, à Cochabamba, en Bolivie, le 4 juillet 2013. REUTERS/David Mercado

En Amérique latine, le retour mouvementé d’Europe d’Evo Morales continue de faire des vagues. Plusieurs chefs d’Etat du sous-continent (Venezuela, Argentine, Equateur, Uruguay et Suriname) se sont réunis en urgence, hier, jeudi 4 juillet, en fin d’après-midi, dans la ville de Cochabamba, dans le centre de la Bolivie, pour exprimer leur solidarité envers le président bolivien. Mardi, plusieurs pays européens, dont la France, avaient interdit au dernier moment à l'avion d’Evo Morales de survoler leur espace aérien. Une interdiction consécutive à des soupçons sur la présence d'Edward Snowden dans l'avion qui a dû finalement atterrir en urgence à Vienne en Autriche.

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Avec notre correspondant à La Paz, Reza Nourmamode

« Si cela était arrivé au président des Etats-Unis, les tambours de la guerre auraient probablement déjà résonné », a déclaré Rafael Correa à son arrivée en Bolivie. Le président équatorien a ainsi résumé le sentiment général des chefs d’Etat latino-américains sur cet épisode considéré comme humiliant, discriminant, et en violation flagrante des traités internationaux régissant les voyages officiels. Dans un discours prononcé devant plusieurs milliers de ses partisans, Evo Morales a menacé de prendre des mesures de rétorsion contre le pays qu’il accuse d’être à l’origine de l’incident.

« Je ne tremblerais pas si je devais fermer l’ambassade des Etats-Unis, a tonné le président bolivien. Nous n’avons pas besoin qu’ils viennent conspirer contre nous, sous prétexte de coopération, de relations diplomatiques. Nous sommes dignes et souverains, et nous nous portons mieux politiquement et démocratiquement sans les Etats-Unis. » De fait, il y a toujours une ambassade américaine à La Paz mais l’ambassadeur, lui, a déjà été expulsé en 2008 par Evo Morales, qui l’accusait justement de conspiration envers son gouvernement.

Le chef d’Etat vénézuélien Nicolas Maduro a lui affirmé que son pays allait « évaluer ses relations avec l’Espagne » - l’un des pays ayant fermé leur espace aérien - tandis que la présidente argentine Cristina Kirchner a demandé aux pays européens de « demander pardon » à Evo Morales.

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