Ettas-Unis / Royaume Uni

Affaire Snowden: parlementaires américains et britanniques s'opposent

Siège de la National Security Agency, à Fort George G. Meade, Maryland (USA)
Siège de la National Security Agency, à Fort George G. Meade, Maryland (USA) REUTERS/NSA/Handout via Reuters

Aux Etats-Unis, les élus du Congrès sont de plus en plus critiques à l’égard des programmes de surveillance de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA). Ce mercredi, lors d’une nouvelle audition sur les révélations faites par Edward Snowden, les membres de la commission judiciaire de la Chambre ont mis sur le grill les représentants de l’agence de renseignement et du département de la Justice. Différent son de cloche du côté de Big Ben, où une autre commission parlementaire, britannique celle-là, dédouane totalement les autorités de toute utilisation illicite du programme Prism.

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Républicains ou démocrates : quel que soit leur camp, les élus de la Commission judiciaire américaine sont inquiets, estime notre correspondant à Washington Raphaël Reynes. Selon eux, les programmes menés par la NSA ne respectent pas la loi votée en 1978, après le scandale du Watergate. Le texte limite la surveillance des communications aux personnes soupçonnées de se livrer à une activité terroriste.

Ce que fait la NSA est une collecte systématique d’information. « C’est scandaleux ! » s’indigne le démocrate John Conyers. « Si le gouvernement n’est pas capable d’expliquer clairement et publiquement en quoi ses programmes respectent la loi, alors il doit cesser cette collecte d’informations immédiatement. Il me semble que ce problème de métadonnées est hors de contrôle. »

James Cole, le numéro deux du département de la Justice tente bien de se justifier : « nous pensons que nos programmes respectent l’équilibre entre protection de la sécurité nationale et celle de la vie privée ». Mais les élus ont été clairs : faute de changement, les financements de ces programmes seront coupés.

« Pire que les Américains »

Outre-Atlantique, chez l'allié britannique, le ton est tout autre. Une commission parlementaire dédouane en effet les services de renseignement britanniques quant à une éventuelle utilisation illicite du programme américain d'espionnage des communications Prism. Un rapport salué par les autorités, mais qui laisse un peu circonspect.

Edward Snowden avait en effet accusé le Quartier général des communications du gouvernement britannique d'être « pire que les Américains » en termes d'espionnage de données privées. Selon le quotidien britannique The Guardian, le gouvernement britannique a obtenu un accès aux câbles transatlantiques à fibres optiques qui permettent le trafic internet et les appels téléphoniques, grâce à des « accords secrets » avec des entreprises privées.

« Ses accusations sont infondées »

Les données ainsi obtenues seraient partagées avec la NSA. Les parlementaires britanniques, qui ont enquêté à peine un mois restent prudents. « A partir des preuves disponibles, nous sommes arrivés à la conclusion que ses accusations sont infondées », écrivent-ils dans leur rapport. Les services secrets britanniques respecteraient leurs obligations légales bien que leurs écoutes soient étroitement liées à celles des Américains.

Leurs conclusions ont bien entendu été saluées par William Hague, le ministre des
Affaires étrangères, qui chapeaute les services en question.

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