Etats-Unis

Barack Obama: «Trayvon Martin, ça aurait pu être moi, il y a 35 ans»

Au pupitre de la salle de presse de la Maison Blanche, Barack Obama a prononcé un discours apaisant, ce vendredi 19 juillet.
Au pupitre de la salle de presse de la Maison Blanche, Barack Obama a prononcé un discours apaisant, ce vendredi 19 juillet. REUTERS/Larry Downing

Après être resté silencieux pendant une semaine, Barack Obama est venu commenter pour la première fois publiquement le procès de George Zimmerman, dont l’acquittement a provoqué une profonde division parmi les Américains. Les Noirs s’étaient irrités du silence d’Obama qui, après le verdict, avait simplement publié un communiqué appelant les Américains à une calme réflexion sur la question raciale.

Publicité

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Barack Obama: «Lorsque Trayvon Martin a été abattu, j'ai dit qu'il aurait pu être mon fils. Une autre façon de le dire, c'est qu'il y a 35 ans, j'aurais pu être Trayvon Martin»

C’est une apparition surprise que le président Obama a faite ce vendredi 19 juillet dans la salle de presse de la Maison Blanche. S’exprimant sans notes ni téléprompteur, il a parlé avec son cœur d’un sujet qu’en tant qu’homme noir il connaît bien. « Trayvon Martin, a-t-il déclaré, ça aurait pu être moi, il y a 35 ans ».

Barack Obama a ensuite expliqué aux Blancs pourquoi les Afro-américains avaient réagi avec souvent plus de tristesse que de colère à l’acquittement de George Zimmerman. Cela ne faisait que trop leur rappeler un passé qui ne disparait pas.

Changement d'attitude

« Il y a très peu d’hommes afro-américains qui n’ont pas vécu l’expérience d’être suivi dans un grand magasin où ils faisaient leur course. Cela a été mon cas. Il y a très peu d’hommes afro-américain qui n’ont pas vécu l’expérience de traverser la rue et d’entendre les gens dans leur voiture verrouiller leurs portières. Ça m’est arrivé une fois avant d’être sénateur », a raconté le président.

Barack Obama s’est refusé à condamner le verdict, plaidant pour l’abolition de lois qui comme en Floride permettent à un individu d’utiliser une arme mortelle s’il se juge en danger. Mais il a invité ses compatriotes à entamer une conversation sur le problème racial et s’est réjoui de voir à travers ses deux filles un changement d’attitude dans les nouvelles générations. Un discours apaisant qui a mis un peu de baume au cœur des Afro-américains sans offenser les autres communautés.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail