La revue de presse des Amériques

Le pape François au Brésil

Le pape François à Rio de Janeiro, le 22 juillet 2013.
Le pape François à Rio de Janeiro, le 22 juillet 2013. EUTERS/Raphael Lima-Rio Mayor's Office

A la Une de la presse : le Brésil et le premier jour du pape à Rio où il est arrivé ce lundi 22 juillet 2013 pour les Journées mondiales de la jeunesse.

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Au cours de cette première journée, le pape a été chaleureusement accueilli dans les rues de Rio, titre O Globo. Il a ouvert les vitres de sa Jeep pour serrer des mains aux fidèles et prendre un enfant dans ses bras, rapporte le journal de Rio qui en publie la photo. Il a même fait arrêter quelques instants son véhicule pour aller au contact de la foule, et s’est adressée à elle en portugais, renchérit Folha de Sao Paolo. Le Brésil acclame le pape argentin, écrit Pagina 12, un titre largement repris par la presse argentine. Sur son compte Twitter, le pape écrit qu’il a été magnifiquement accueilli en terre « carioca », à Rio de Janeiro.

O Globo et Folha de Sao Paolo consacrent chacun un dossier spécial aux JMJ , et d’ailleurs vous pouvez aussi tester l’état de vos connaissances sur le pape François en répondant au Quizz, un questionnaire en ligne.

Les Brésiliens attendaient beaucoup des premières paroles du pape, notamment sur la situation sociale et la vague de contestation qui a secoué le pays

Mais le pape François a soigneusement évité toute référence aux récentes manifestations qui ont secoué le Brésil. « Le discours morne de François frustre les manifestants », écrit d’ailleurs O Globo. Dans sa première allocution en terre brésilienne, il a frustré les attentes de ceux qui espéraient un message sur la période de contestation que traverse le pays, poursuit le journal. Il s’est limité à parler des objectifs évangélisateurs de sa visite en ponctuant son discours de quelques inquiétudes sur les jeunes dans un monde en profonde crise économique. Mais rien sur l’effervescence qui a secoué les rues du Brésil, fait remarquer O Globo.

Après son bain de foule, le premier pape latino-américain a rencontré les autorités brésiliennes
 
François a été reçu par la présidente Dilma Roussef, le gouverneur de Rio Sergio Cabral ou encore le maire Eduardo Paes. Contrairement au pape, la présidente brésilienne a fait un lien dans son discours entre les JMJ et les désirs de changements exprimés par les jeunes ces dernières semaines, qui ont d’ailleurs ébranlé la popularité de son gouvernement.  « Nous luttons contre un ennemi commun : les inégalités sociales, c’est un honneur de recevoir le premier pape latino-américain », a déclaré Dilma Roussef, des propos cités par Clarin.Le journal argentin fait aussi remarquer que les habitants des quartiers pauvres comme la grande favela de la Rocinha attendent que le Pape s’exprime sur le site du journal.
Après la réception du pape, des heurts se sont produits entre manifestants et forces de l’ordre à proximité du palais du gouvernement de l’Etat de Rio. Les forces de l’ordre sont d’ailleurs sur les dents pour assurer la sécurité du souverain pontife, qui a refusé la papamobile fermée.

Relance diplomatique entre le Venezuela et la Colombie

« De la fumée blanche en Amazonas », titre le journal vénézuélien Ultimas Noticias une référence papale à la rencontre officielle entre les présidents colombien Juan Manuel Santos et vénézuélien Nicolas Maduro à Puerto Ayacucho, la capitale de l’Etat d’Amazonas au Venezuela. Cette réunion marque la relance des relations bilatérales mises à mal après la visite en Colombie fin mai 2013 du chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles, qui conteste toujours les résultats de l’élection présidentielle du 14 avril dernier. A l’époque, Maduro avait même déclaré que Santos lui avait planté un couteau dans le dos et l’avait accusé de « trahison ». La Voz du Venezuela rappelle que les deux pays avaient rompu leurs relations après trois années de friction entre les anciens présidents Hugo Chavez et Alvaro Uribe, qui accusait son voisin d’abriter des membres de la guerrilla des FARC. Des relations rétablies lors de l’élection de Juan Manuel Santos en 2010, mais les relations commerciales ont été durement affectées : « de 7 milliards de dollars en 2008, les échanges commerciaux ont chuté à un peu plus de 2 milliards » l’an dernier, fait remarquer le quotidien.

Le discours entre les deux président a changé de ton

Même si la rencontre a été difficile à mettre en place, précise El Tiempo, car le président vénézuélien exigeait un certain nombre de garanties, il a fallu la médiation du président équatorien Rafael Correa et de l’ancien président brésilien Lula da Silva. Enfin sur place, Juan Manuel Santos a déclaré que le Venezuela était considéré par la Colombie comme une aide positive pour mettre fin au conflit, souligne El Tiempo. Car le rôle du Venezuela, grâce à l’amitié étroite entre l’ancien président Hugo Chavez et le gouvernement cubain, a été crucial pour lancer les pourparlers de paix avec la guérilla des FARC. Tous deux en tenue décontractée, chemise blanche et sans cravate, Santos et Maduro ont scellé plusieurs accords portant sur la sécurité, l’énergie et le commerce. Mais aussi sur la lutte contre le trafic de drogue, les groupes armés et les mineurs illégaux, précise El Tiempo. Santos en a profité pour promettre plus d’investissements dans cette partie reculée du territoire colombien à la frontière du Venezuela : 1 800 soldats de l’infanterie de marine seront déployés dans cette région propice à la contrebande, où les quelque 60 municipalités sont confrontées aux violences de la guérilla et des bandes criminelles.

Une poignée de mains en guise de première étape dans la réconciliation

La photo des deux présidents se serrant la main et se regardant dans les yeux en souriant ne fait « qu’annoncer un long processus de reconstruction des relations entre la Colombie et le Venezuela », tempère Semana.com.
Santos et Maduro ont misé sur la raison. « Il y a des points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord », a reconnu Juan Manuel Santos, cité dans El Tiempo. « Nous avons des visions différentes sur de nombreux sujets, mais nous avons l’immense obligation de travailler ensemble et c’est ce que nous allons faire », a-t-il conclu.

Direction les Etats-Unis où une enquête d’opinion fait apparaître une grande différence entre Noirs et Blancs sur le verdict lors du procès contre George Zimmerman

La décision du jury de déclarer George Zimmerman non coupable après la mort du jeune Trayvon Martin continue de semer le trouble dans le pays, avec des manifestations et des débats sur le rôle qu’a joué la question raciale dans l’homicide et dans le procès, fait remarquer le Washington Post. Le quotidien publie avec ABC News une nouvelle enquête qui fait apparaître que 86% des Afro-Américains interrogés ne sont pas d’accord avec le verdict, alors que 51% des Blancs l’approuvent, avec tout de même une différence selon leur appartenance politique : 70% d’entre eux sont républicains et 30% démocrates. Les Afro-Américains sont 86% à estimer que les Noirs et autres minorités ne bénéficient pas de traitement équitable devant la loi, contre 41% pour les Blancs. Enfin une donnée intéressante : 60% des Hispaniques (communauté dont est issu George Zimmerman) pensent que les Noirs et autres minorités ne sont pas égaux face au système judiciaire américain, et la moitié n’approuve pas le verdict.

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