Brésil

Massacre de Carandiru au Brésil: 25 policiers écopent de 624 années de prison

Devant le tribunal, le jour de l'ouverture du premier procès en avril 2013, des croix représentent les 111 détenus tués.
Devant le tribunal, le jour de l'ouverture du premier procès en avril 2013, des croix représentent les 111 détenus tués. Photo AFP / Nelson Almeida

Au Brésil, les premières peines ont été prononcées ce samedi 3 août dans le procès Carandiru. Vingt-cinq policiers ont été condamnés à des peines de 624 années de prison. Un symbole pour montrer que le système d'impunité est terminé. Ces policiers avaient participé au massacre de Carandiru, c'était en 1992. Les forces de l'ordre avaient réprimé une révolte de prisonniers avec une extrême violence, 111 détenus avaient été tués. Plus de vingt ans après, les juges ont voulu infliger des peines exemplaires aux policiers.

Publicité

Avec notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona

Lors de l’assaut de la prison de Carandiru par les forces de l’ordre, les détenus n’ont eu aucune chance. Pour mettre fin à la mutinerie, selon les experts qui sont intervenus durant le procès, les hommes de la police militaire ont tiré plus de 600 cartouches et abattu les prisonniers dans leur cellule - jamais les policiers n’ont été mis en état de légitime défense.

Un verdict implacable donc pour 25 policiers, reconnus coupables d’avoir tué 52 détenus, enfermés au deuxième étage de la prison. Ils ont été innocentés du meurtre de 21 mutins. Mais après une semaine de procès, et près de six heures de délibération, le jury les a condamnés à 624 années de prison chacun.

La justice brésilienne a décidé d’examiner ce massacre en plusieurs fois, étage par étage. Lors d’un premier procès, en avril dernier, vingt-trois policiers avaient déjà été condamnés à 156 ans de prison pour le meurtre de 15 détenus enfermés à l’époque au premier étage de la prison. Manquent encore les 3e et 4e étages qui doivent être jugés d'ici la fin de l'année.

Un procès-fleuve et qui a tardé plus de vingt ans à passer devant les tribunaux au point qu’Amnesty International avait demandé à ce que ce procès mette un terme à « l'impunité du passé ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail