Etats-Unis

Barack Obama propose d'amender le Patriot Act, héritage du président Bush

Barack Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, vendredi 9 août 2013.
Barack Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, vendredi 9 août 2013. REUTERS/Jason Reed

Le président des Etats-Unis a donné une conférence de presse juste avant de prendre ses vacances, ce vendredi 9 août 2013. Il a procédé à quelques mises au point, et a surtout essayé de restaurer la confiance du public américain envers les institutions fédérales. Barack Obama cherche à tourner la page du scandale des programmes de surveillance, et s'attaque au fameux Patriot Act pour ce faire.

Publicité

Les programmes de surveillance et l'Agence de sécurité nationale (NSA) ont occupé une grosse partie de la conférence de presse du président américain, ce vendredi à Washington.

Mais Barack Obama a surtout annoncé sa volonté de réviser le Patriot Act, corpus de lois restrictives entrées en vigueur au nom de la lutte antiterroriste, sous les premières années de la présidence de George W. Bush, après les attentats du World Trade Center et du Pentagone en septembre 2001.

« Les pouvoirs publics ne sont pas autorisés a écouter la population, a affirmé M. Obama. Nous pouvons et nous devons être plus transparents. (...) Nous ne voulons pas espionner les gens ordinaires » Et d'annoncer qu'un responsable de la vie privée sera nommé à la NSA. En somme, le président est clair dans son discours : la sécurité nationale est une chose sérieuse mais il faut des garde-fous. Le Congrès est invité à amender les dispositions du Patriot Act à l'aune de ce principe.

Barack Obama en conférence de presse, le 9 août 2013 à Washington.
Barack Obama en conférence de presse, le 9 août 2013 à Washington. REUTERS/Jason Reed

Comme pour effacer les accusations de « super big brother », Barack Obama a souligné qu'il avait déjà demandé une révision des programmes de surveillance, et ce juste avant les fuites orchestrées dans la presse par Edward Snowden sur le programme « Prism ». Cet informaticien a livré à un journaliste les preuves de programmes étendus de surveillance, notamment sur les communications.

Pas d'excuse, pas de mea culpa. M. Obama s'est montré ferme : pour lui, M. Snowden n'est pas un patriote. Il aurait dû venir se défendre devant la justice americaine au lieu de demander l'asile à la Russie. Cette fermeté, on la retrouve d'ailleurs à propos de Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie.

« Je n'ai pas de mauvaises relations avec M. Poutine, mais il faut constater que la rhétorique anti-américaine est à la hausse depuis quelques temps », raille le président américain. Pour enfoncer le clou, Barack Obama conclut que la vraie question au sujet de Moscou, c'est de savoir dans quelle direction le président russe veut emmener son pays.

« Pas de guerre froide »

Un peu plus tôt dans la soirée, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov avait assuré qu'il n'y avait « pas de guerre froide » avec les Etats-Unis, une expression employée par le président Barack Obama.

D'ailleurs Serguei Lavrov se dit persuadé que le sommet bilatéral - qui devait avoir lieu début septembre à Moscou et annulé par Obama mercredi -, n'est que simplement reporté : « Je suis sûr, a affirmé le ministre, que le président Obama utilisera l'invitation », qui reste toujours d'actualité, comme l'a répété le Kremlin hier vendredi 9 août, quelques heures avant le début de la conférence de presse à la Maison Blanche.

Concernant l'affaire Snowden, le chef de la diplomatie russe la qualifie d'anomalie : « C'est un épisode qui ne peut pas et ne doit pas faire du tort à nos intérêts communs ». Comme son homologue américain, John Kerry, avec lequel il entretient par ailleurs de bonnes relations personnelles, Serguei Lavrov a tenu à se concentrer sur les sujets où les deux pays pouvaient trouver un terrain d'entente.

Bien qu'une pause dans les relations entre les deux anciens adversaires de la guerre froide est jugée opportune, et même si M. Obama se dit choqué par les mesures adoptées par Moscou contre les homosexuels, le président américain refuse de boycotter les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, en février 2014.

Barack Obama part ce vendredi soir pour une semaine de vacances dans le Massachusetts.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail