La revue de presse des Amériques

A la Une : les Etats-Unis pourraient suspendre l’aide économique à l'Egypte

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Plusieurs journaux du continent américain se penchent aujourd’hui sur la situation économique de l’Egypte. Le pays est en proie à des violences qui ont fait en trois jours plus de 800 morts selon les chiffres officiels. Mais le chaos égyptien pourrait avoir une autre conséquence, toute aussi grave, estime aujourd’hui le Toronto Star: Plusieurs pays et instances internationales pourraient suspendre leurs aides économiques à l'Egypte pour protester ainsi contre l'attitude du gouvernement intérimaire et de l'armée. « Les caisses de l'Etat égyptien accusent un déficit de 30 milliards de dollars. La moitié des 84 millions d'Egyptiens vivent sous le seuil de pauvreté, 60 millions dépendent des rations de nourriture », rapporte le journal canadien. « La situation est d'autant plus précaire qu'un prêt de 4,8 milliards de dollars du Fonds monétaire international a été suspendu ».   

 
Aux Etats-Unis, on réfléchit également à une suspension de l'aide économique au gouvernement intérimaire au Caire. Dans les colonnes du New York Times, un membre de l'administration Obama explique, sous couvert d'anonymat, que l'aide militaire américaine, à hauteur de 1,3 milliard de dollars par an, n'est toujours pas mise en question.

En revanche, les Etats-Unis pourraient suspendre leur aide économique. « Il s'agit, détaille le New York Times, de quelque 250 millions de dollars censés financer notamment des programmes de formation pour les fonctionnaires du gouvernement, les professeurs ou encore le personnel administratif des hôpitaux ». La somme de 250 millions de dollars paraît fort dérisoire, admet le quotidien. Mais sa suspension permettrait à l'administration Obama de maintenir symboliquement la pression sur les autorités égyptiennes.

Prison secrète au sein de Guantanamo
 
A Cuba, plus précisément sur la base américaine de Guantanamo, doit s’ouvrir aujourd’hui une nouvelle semaine d'audiences préliminaires pour les cinq co-accusés des attentats du 11-Septembre. Les procureurs du tribunal spécial veulent accélérer les procédures afin que le procès proprement dit des auteurs présumés des attentats débute en septembre 2014. C'est dans ce contexte qu'on apprend aujourd'hui l'existence d'une prison secrète au sein même du centre de détention de Guantanamo. James Connell, l'avocat de l'accusé Ammar al Baluchi, dénonce les conditions de détention atroces qui y règneraient.

 
Pour en parler, cet avocat a choisi le Miami Herald, journal de Floride qui suit de très près le procès des auteurs présumés du 11-Septembre. James Connell dénonce le Camp 7, « un camp secret où les prisonniers, qui ont subi des tortures lors de leur détention, sont maintenus à l'isolement », explique le journal qui poursuit : « Ce camp au sein de la base américaine est tellement secret que les porte-paroles de Guantanamo expliquent qu'ils ne sont pas autorisés à en parler ». L'avocat de la défense dit avoir passé, jeudi dernier, 12 heures dans ce secteur ultra-secret et avoir pris des centaines de photos qui se trouvent maintenant entre les mains des services de renseignement américains.

Pour James Connell il n'y a aucun doute : « Les conditions de détention sont clairement contraires à la Convention de Genève ». L'avocat de la défense ne peut pas en dire davantage à ce stade car il ne veut pas révéler les circonstances qui lui ont permis l'accès au Camp 7. En revanche, il compte bien introduire ce sujet lors des audiences préliminaires qui reprennent aujourd'hui.

Mort de deux chefs des Farc

Toujours à Cuba, les pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et la guérilla des Farc doivent reprendre aujourd'hui à La Havane. Alors que sur le terrain, en Colombie, les opérations militaires contre les Farc se poursuivent et s'intensifient même : hier, deux importants chefs régionaux de la guérilla ont été abattus par l'armée et la police.

« Coup dur pour les Farc », titre en grandes lettres le quotidien national El Tiempo. « Les deux guérilleros alias Burro et Jaimito, étaient les chefs du front 6 de la guérilla. Ils sont morts dans un bombardement aérien de l'armée sur leur camp, situé dans la région rurale de Toribio, dans le département du Cauca », précise le journal.

Les journaux colombiens estiment qu'il s’agit là d’une victoire importante pour le gouvernement colombien. Tout d'abord, parce que Toribio constitue, selon El Tiempo, une base arrière de la guérilla. Or, l'armée a réussi à y abattre quatre importants chefs des Farc en un mois seulement. Deuxièmement, le Front 6 « représente l'une des sections les plus offensives de la guérilla », fait remarquer El Pais.

« Le Front 6 commence à vaciller », estime de son côté El Espectador pour qui « la mort des deux chefs régionaux aura forcément des répercussions sur le reste de la guérilla marxiste ». Car il faut savoir, explique le journal, que le Front 6 joue un rôle important dans le financement des Farc. Avec la commercialisation de la cocaïne et de la marihuana, il subvient aux besoins d'autres fronts de la guérilla dans le reste de la Colombie. « Décapiter le Front 6 est donc d'une grande importance stratégique pour le gouvernement », conclut El Espectador.

Malgré tout, les pourparlers de paix entre les Farc et le gouvernement doivent reprendre aujourd'hui. Après la mort des deux chefs guérilleros, le président colombien Juan Manuel Santos a envoyé un message de compromis et d'ouverture à la direction des Farc pour la reprise des négociations, tout en soulignant sa volonté de continuer les opérations militaires contre la guérilla sur le terrain, peut-on lire sur le site internet de La Semana. De leur côté, les Farc n'ont pas encore réagi officiellement à la mort de deux de leurs chefs.

 

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