Colombie

Colombie : les FARC vers la reconnaissance de leur responsabilité dans les crimes du conflit armé

Les membres de la délégation des FARC à La Havane, le 29 novembre 2012.
Les membres de la délégation des FARC à La Havane, le 29 novembre 2012. REUTERS/Enrique De La Osa

En Colombie, la guérilla marxiste des FARC reconnaît pour la première fois sa responsabilité dans certains des crimes commis durant près de 50 ans de conflit civil. Un aveu fait ce mardi 20 août 2013 à Cuba, où se déroulent depuis neuf mois des négociations de paix avec le pouvoir.

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Avec notre correspondante à Bogota, Zoé Berri

Depuis le début des pourparlers en octobre dernier, la guérilla marxiste se refusait à parler de ses victimes. Un pas a finalement été franchi, même si les mots sont soigneusement choisis. « Sans aucun doute, nos hommes aussi ont agi avec cruauté et provoqué des douleurs », dit le communiqué lu par un porte-parole du groupe armé.

En faisant cette déclaration, les FARC répondent à une exigence du pouvoir, mais aussi aux victimes colombiennes. Selon un rapport présenté le mois dernier par le Centre national pour la mémoire, le conflit aurait directement tué 220 000 personnes depuis 1958, dont 80 % de civils. Et 27 000 ont été enlevés dans la même période.

Vers une commission de la vérité

La guérilla, qui a sa part dans les tueries et les kidnappings, n’est pas la seule en cause. L’Etat et les groupes paramilitaires alliés à certains secteurs de l’armée le sont aussi.

Ce sont vers eux que se tournent désormais les FARC, qui proposent la création immédiate d’une commission de la vérité pour comprendre cette période de l’Histoire du pays, permettre la réparation pour les victimes et éviter que ces crimes ne se répètent.

Le président colombien avait il y a peu reconnu la responsabilité de l’Etat. Le rapprochement paraît s’accélérer.

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