La revue de presse des Amériques

A la Une : la Syrie et une possible intervention militaire des pays occidentaux

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Après le « non » du Parlement britannique, la question est de savoir avec qui les Etats-Unis pourraient s'allier pour mener des raids contre le régime syrien.
« Le vote du Parlement britannique constitue un revers pour Barack Obama qui a abandonné l'espoir d'obtenir un feu vert pour une intervention militaire en Syrie de la part du Conseil de sécurité des Nations unies », écrit le New York Times. Mais ce « non » britannique n'affectera en rien la détermination du président américain à punir le régime syrien, ont fait savoir plusieurs membres de l'administration américaine sous couvert d'anonymat au New York Times.

Ce qui amène le Boston Globe à titrer : « Face à la réticence de ses partenaires internationaux, Obama est prêt à agir seul en Syrie ».

Mais voilà, de plus en plus de voix s'élèvent aux Etats-Unis aussi contre des frappes militaires. C'est notamment le cas de plusieurs membres du Congrès, qu'il s'agisse de Républicains ou de Démocrates. « Tous se montrent inquiets que Barack Obama puisse lancer des raids contre la Syrie à partir de demain, samedi, date à laquelle les enquêteurs onusiens quitteront le pays », écrit le Los Angeles Times qui rapporte que le Congrès souhaite être consulté avant toute intervention américaine.
C'est pourquoi, la Maison Blanche a convoqué hier soir une conférence téléphonique avec des membres de la Chambre des représentants et du Sénat afin de leur exposer la position du président.
Mais apparemment, cette explication n'a pas convaincu tout le monde. Selon le Los Angeles Times les élus sont sceptiques sur plusieurs points, notamment les coûts d'une intervention militaire, mais aussi le bien-fondé-même de la démarche de la Maison Blanche. « Ce soir, l'administration Obama n'a pas réussi à nous expliquer comment elle compte répondre efficacement à la situation en Syrie », a confié à l'issue de la réunion un sénateur républicain au quotidien de la côte Ouest.

Au sein de l'armée américaine aussi, le doute s'installe, rapporte de son côté le Washington Post aujourd'hui. « La plupart des réserves formulées par le corps militaire concernent les conséquences potentielles d'un usage de missiles contre la Syrie », écrit le journal qui poursuit. Nombreux sont ceux dans l'armée qui contestent l'usage de la force comme opération punitive. Beaucoup de militaires américains pensent en effet que le véritable but, quoi que non avoué par la Maison Blanche, de toute intervention militaire est la chute de Bachar el-Assad. Mais le scénario suivant n'est guère rassurant, expliquent encore les membres de l'armée américaine : « Damas qui tomberait entre les mains de rebelles fondamentalistes ne peut pas être un objectif militaire. »
Et le Washington Post conclut sur cette phrase du général trois étoiles à la retraite, Gregory Newbold : « Notre classe politique est d'une naïveté effrayante quand il s'agit de prendre en compte les effets que peut produire l'usage de la force militaire américaine. Je suis loin d'être le seul au sein de l'armée à être alarmé du plan de Barack Obama ».

Colombie : la grève nationale tourne à l’émeute

En Colombie la grève nationale a pris de l'ampleur hier. Le mouvement entre aujourd'hui dans sa 12e journée. « Le chaos s'empare de Bogota » titre El Espectador. Hier, les manifestations de grande envergure ont gagné les principales villes du pays. « Non seulement dans la capitale colombienne, mais aussi à Medellin et à Soacha, les manifestations ont tourné à l'émeute », rapporte le quotidien. « Des scènes d'une extrême violence ont été constatées dans les centres-villes, dont la police et l'armée ont tenté de reprendre le contrôle. Bilan : au moins 150 blessés à Bogota, 40 personnes arrêtées ». D'autres corps de métiers se sont joints à cette grève, initialement lancée par les agriculteurs et notamment par les producteurs de café. Ainsi les camionneurs, les étudiants, le personnel hospitalier font désormais partie des cortèges, explique encore El Espectador.

« Jusqu'ici, l'exécutif semble de pas avoir pris la mesure de la contestation sociale », écrit l'éditorialiste du journal El Tiempo. Le ministre de la Défense a beau accuser la guérilla des FARC d'avoir infiltré des manifestations et d'être responsable des violences, cela ne résout en rien la grogne qui s'est emparée d'une grande partie de la société colombienne, estime le journal. Face aux violences, le président Juan Manuel Santos a convoqué la nuit dernière une réunion d'urgence avec ses ministres. Le chef d'Etat doit s'adresser ce matin, à la première heure, aux Colombiens dans un discours radio-télévisé pour tenter de désamorcer la crise, rapporte El Tiempo.

Haïti : une ONG exige des pièces d’identité pour les Haïtiens en zone frontalière

En Haïti, à la frontière avec la République Dominicaine, une organisation de défense des droits de l'homme a lancé hier une campagne binationale de sensibilisation pour que les Haïtiens vivant dans la zone frontalière obtiennent des papiers d'identité.

« L’objectif de cette campagne, lancée par l'ONG 'Réseau frontalier Jeannot Succès' est d'exercer des pressions sur les gouvernements haïtien et dominicain » rapporte Alterpresse. L'agence d'information rappelle que le manque de papiers d'identité est un problème récurrent en Haïti. Mais il touche particulièrement les Haïtiens des zones frontalières. Obligés d'effectuer des vas-et-viens entre les deux pays, ils sont souvent victimes d'abus et d'humiliations de la part des autorités dominicaines. « L'absence de pièces d'identité empêche en plus ces victimes de porter plainte », conclut Alterpresse.

 

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