Argentine

Législatives en Argentine: un scrutin test pour le péronisme

Les élections législatives du dimanche 27 octobre en Argentine arrivent à mi-mandat de la présidence de Cristina Kirchner.
Les élections législatives du dimanche 27 octobre en Argentine arrivent à mi-mandat de la présidence de Cristina Kirchner. REUTERS/Argentine Presidency

La campagne pour les élections législatives de ce dimanche 27 octobre s’achève en Argentine, et l’issue du scrutin sera décisive pour Cristina Kirchner. Les derniers sondages prédisent une défaite du péronisme au pouvoir, dans ce scrutin qui aura valeur de test, à deux ans de la présidentielle.

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La campagne officielle pour les législatives en Argentine est terminée depuis ce vendredi 25 octobre à 8 heures du matin. Désormais, toutes les manifestations politiques sont interdites et on ne peut plus publier ni commenter les sondages sur ces élections.
Les candidats ont terminé leurs campagnes jeudi soir, en privilégiant les actions de proximité. Il n’y a pas eu de grands meetings.

Cela tient d’abord au fait que la présidente Cristina Kirchner, qui devait être la principale animatrice de la campagne, en a été absente suite à son opération d’un hématome crânien, il y a trois semaines. Elle doit depuis observer un repos complet.

D’autre part, et surtout, il n’y a pas eu de grand meeting de fin de campagne parce que ces législatives devraient confirmer et amplifier les résultats des primaires du mois d’août, qui ont été une défaite pour la majorité présidentielle.

Défaite annoncée pour les péronistes

D’après tous les sondages, le péronisme au pouvoir, tout en restant la première force au niveau national, devrait perdre ces élections et être battu dans les cinq principales circonscriptions du pays : la province de Buenos Aires, qui rassemble près de 40 % de l’électorat, la capitale fédérale, ainsi que les provinces de Santa Fe, Córdoba et Mendoza.

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Il faut cependant se montrer prudent dans l’interprétation de ces résultats, car même si les sondages devaient se confirmer, il s’agit d'élections de mi-mandat, qui sont généralement défavorables au pouvoir en place.

Ce dimanche, les Argentins vont élire la moitié des députés et le tiers des sénateurs nationaux, ainsi que des législateurs provinciaux. Mais, compte tenu du nombre de sièges à renouveler, même en cas de défaite, le gouvernement pourrait ne pas perdre la majorité au Parlement. Quoi qu’il en soit, le système présidentialiste argentin, similaire en cela au système américain, permet au chef de l’État de gouverner sans majorité au sein des assemblées parlementaires.

Test en vue de l'élection présidentielle

Cependant, si, comme le disent les sondages, 70 % des Argentins votent contre les candidats du pouvoir, Cristina Kirchner sera politiquement affaiblie pour les deux ans qui lui restent à la présidence. Et plus encore, s’il y a des incertitudes concernant son état de santé.

Ces législatives font donc office surtout de scrutin test, à deux ans de la future présidentielle, prévue en 2015. D’abord, parce que Cristina Kirchner, qui ne peut pas se représenter en 2015, n’a pas choisi de dauphin dans ses rangs. Ensuite, parce que certains candidats aux législatives ne cachent pas leurs ambitions présidentielles.

C’est notamment le cas du péroniste dissident Sergio Massa, qui devrait l’emporter dans la province de Buenos Aires. Sergio Massa a été chef du gouvernement de Cristina Kirchner en 2008-2009, avant de basculer dans l'opposition. Si son avance sur le candidat soutenu par le gouvernement, Martín Insaurralde, est suffisamment large, dépassant par exemple les dix points d’écart, Sergio Massa serait propulsé sur orbite pour la présidentielle de 2015. Par contre, si le score était plus serré, le gouverneur de la province, Daniel Scioli, qui a pris la tête de la campagne des candidats de la majorité en l’absence de la présidente, aurait toutes ses chances.

Sergio Massa, maire de Tigre, péroniste dissident, est bien placé dans les sondages à la veille de l'élection de dimanche 27 octobre.
Sergio Massa, maire de Tigre, péroniste dissident, est bien placé dans les sondages à la veille de l'élection de dimanche 27 octobre. REUTERS/Enrique Marcarian

 

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