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Cuba

Cuba: nouvel eldorado des Européens?

Dans une rue de La Havane, le 21 octobre 2012.
Dans une rue de La Havane, le 21 octobre 2012. ©Reuters.

Alors que les touristes continuent à aduler Cuba pour ses plages de sable blanc, sa musique et son climat, de plus en plus décident de franchir le cap de l’expatriation. Ils sont officiellement 534 Français à vivre de manière permanente sur l’île. Rencontre avec deux étrangers aux profils atypiques en terres cubaines.

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Dans le brouhaha du bus en partance de La Havane pour Santiago de Cuba, il est aisé de reconnaître Lucas Verkstelagen : des cheveux blonds et un accent à couper au couteau. Ce Belge fait partie de ceux qui ont franchi le cap de l’expatriation. Alors qu’il s’occupait de ses affaires dans la capitale cubaine, il part rejoindre sa femme qui est sur le point d’accoucher à Las Tunas. Il connaît le pays depuis sept ans et vit de manière permanente sur le territoire depuis deux années. Ce qui l’a motivé : les opportunités économiques. Promoteur immobilier d’abord dans son pays, puis dans le sud de la France où il a beaucoup perdu avec la crise, il a décidé de tenter l’aventure ici.
En effet, le marché immobilier cubain est à prendre. Les panneaux « Se vende » (NDLR: « se vend » en espagnol) sont pléthores à La Havane depuis la loi de 2011 qui donne le droit à la propriété privée. Même si l’achat d’une maison reste très compliqué pour un Cubain, les prix défient toute concurrence pour les Européens. Une petite maison peut se vendre autour de 400 euros pour un investissement total d’environ 3 000 euros.

« C’est mieux de mourir à Cuba qu’en Europe »

« Pour l’instant, j’ai deux petites maisons à Las Tunas et je vais louer des chambres à La Havane. Je connais beaucoup d’étrangers qui veulent investir et vivre à Cuba », explique Lucas Verkstelagen. Cet amoureux des belles pierres du Lot achète désormais des petites maisons en planches dans l’espoir qu’elles lui rapportent gros d’ici quelques années. Les prix sont une aubaine mais il est tout de même difficile pour un étranger d’investir à Cuba. Une fois les affres de la bureaucratie dépassées, il faut encore régler les questions de titres de propriété qui doivent être encore détenus par un Cubain. La rénovation de la maison n’est pas simple non plus car si la main d’œuvre ne manque pas, ce n’est pas le cas des matériaux.

Avec plus de deux millions de touristes qui ont visité Cuba l’année passée, portant le secteur touristique à la seconde place des ressources économiques du pays, le potentiel pour les investisseurs est grand. Mais ce qui a définitivement motivé ce Belge est plus personnel : « Je n’ai plus de vie en Europe. Je me suis remarié à Cuba et ma femme va bientôt accoucher. »
Lucas Verkstelagen est tombé littéralement amoureux de ce pays d’accueil. « Les gens sont pauvres mais sont plus heureux que nous, assure-t-il. C’est mieux de mourir à Cuba qu’en Europe. Je ne veux plus rentrer. » La misère moins pénible au soleil ? « Avec ma retraite d’Européen, je vais pouvoir faire vivre dix personnes, confie-t-il. Alors qu’en Europe, je survivrais difficilement. »

Le rêve communiste

Un choix de cœur qu’a aussi fait Michèle Claverie. Cette Française d’une soixantaine d’années vit à Cuba depuis 2008. « Ce pays m’attirait beaucoup pour ce qu’il représente car je suis de gauche, je suis même communiste, justifie-t-elle dans un large sourire. En 1985, j’ai eu la chance de venir à Cuba et là j’ai eu un choc. » Depuis, la Toulousaine s’est jurée de venir vivre à Cuba à sa retraite. Mais pour s’installer dans le « paradis » communiste, il faut remplir un certain nombre de conditions parmi lesquelles avoir un emploi. Elle se fait embaucher à Radio Habana où elle nous accueille avec fierté. Aujourd’hui, elle vit avec son mari cubain en bord de plage à quelques kilomètres de la capitale et n’imagine pas rentrer vivre en France.

Malgré les paradoxes et les difficultés flagrantes du pays - capitale en décrépitude, économie au ralenti, pauvreté - , beaucoup d’étrangers voient encore Cuba comme l’eldorado communiste. La Toulousaine ne cesse de s’émerveiller du système cubain : « Regardez, j’ai pu me faire poser deux prothèses dentaires gratuitement. Des soins qu’en France je n’aurais pas pu me payer », avance-t-elle comme une preuve de réussite du modèle cubain. Faisant partie de cette génération ayant connue la chute du mur de Berlin et l’échec des démocraties populaires, Michèle vit son rêve communiste en terres cubaines.

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