La revue de presse des Amériques

A la Une : revers de Cristina Kirchner aux législatives en Argentine

Sergio Massa, entouré de sa femme Malena et de ses deux enfants, après le résultat des élections législatives, le 27 octobre 2013.
Sergio Massa, entouré de sa femme Malena et de ses deux enfants, après le résultat des élections législatives, le 27 octobre 2013. REUTERS/Enrique Marcarian

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Sergio Massa,  entouré de sa femme Malena et de ses deux enfants, après le résultat des élections législatives, le 27 ocotbre 2013.
Sergio Massa, entouré de sa femme Malena et de ses deux enfants, après le résultat des élections législatives, le 27 ocotbre 2013. REUTERS/Enrique Marcarian

Le verdict est unanime dans les journaux argentins : les élections législatives d'hier sont un coup dur pour Cristina Kirchner. « Le pays vote pour le changement », titre La Nacion au-dessus de la photo pleine page de celui qui représente désormais l'espoir des Argentins qui veulent en finir avec des années de « Kirchnerisme » : Sergio Massa, ancien ministre de Cristina Kirchner, âgé d'à peine 41 ans, rayonnant à côté de sa femme et entouré de leurs deux enfants, pouce levé en signe de victoire. « Avec le triomphe incontestable de Sergio Massa, qui devance le candidat péroniste de 12 points dans la province de Buenos Aires, le gouvernement voit sa déroute accentuée », estime La Nacion. « Bien que Cristina Kirchner conserve le contrôle sur les deux chambres du Parlement argentin, la présidente se trouve dans une situation politique plus qu'inconfortable pour les deux dernières années de son mandat ».

Cet avis est largement partagé par de nombreux éditorialistes argentins, à l'instar de celui de Pagina 12 qui titre : pour Cristina Kirchner « ça se complique ». Le journal estime que « l'équipe de la présidente a été suffisamment stupide pour ne pas prendre l'avertissement des primaires au sérieux ». Lors de ces primaires, le Front pour la victoire, le parti péroniste de Kirchner, avait en effet déjà subi une sérieuse perte de voix. « A moins de changer la Constitution, Cristina Kirchner ne pourra de toute façon pas se représenter en 2015. Et c'est donc tout naturellement que la lutte pour sa succession commence dès maintenant », analyse Pagina 12 avant de conclure : depuis hier, « le vent a tourné de manière irréversible en Argentine. Cristina Kirchner est malade. Et on ne sait même pas si elle va assumer de nouveau la présidence et dans quelles conditions ».

Colombie : les FARC libèrent un ex-soldat américain tenu en otage pendant quatre mois

En Colombie, la guérilla des FARC a libéré ce week-end l'un de ses otages. Il s'agit d'un ex-soldat américain du nom de Kevin Scott Sutay. Le jeune homme âgé de 27 ans a été « remis à une délégation du Comité international de la Croix-Rouge accompagnée de représentants de Cuba et de Norvège », rapporte El Espectator, Cuba et la Norvège étant des garants des pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et la guérilla des FARC.

L'enlèvement le 20 juin dernier de Kevin Scott Sutay avait d'ailleurs créé la polémique en Colombie. Comme le rappelle La Semana, le gouvernement colombien avait justement accusé la guérilla de ne pas avoir respecté ses promesses de ne plus avoir recours à des prises d'otages durant les négociations de paix. De leur côté, les FARC ont accusé l'ancien soldat d'être un mercenaire américain qui participe à la lutte du gouvernement colombien contre la guérilla.

 
Finalement il n'en était rien, « et même les FARC ont dû admettre que Kevin Scott Sutay était un simple touriste qui, comme tant d'autres jeunes, faisait un voyage à travers l'Amérique latine quand il a été capturé par la guérilla », souligne encore El Espectador. « Pendant ces quatre mois de détention dans la jungle, le président colombien Juan Manuel Santos est resté ferme. Et c'est ainsi que pour la première fois, un otage est libéré dans le secret le plus total, sans image, sans interview à son arrivée à l'aéroport de Bogota ». Pourquoi ? « Parce que le président a refusé que les FARC profitent de l'occasion pour transformer la libération de Kevin Scott Sutay en show médiatique ».

Haïti : situation carcérale déplorable
 
Le Nouvelliste se penche sur la situation carcérale en Haïti où quelque 10 000 personnes sont incarcérées à travers le pays, dont 80% se trouvent en détention préventive prolongée. « La majorité des prisonniers passent des années sans avoir été présentés par-devant leur juge naturel », rapporte le quotidien.

Les conditions de vie dans les prisons haïtiennes sont déplorables notamment au pénitencier national. Dans cette prison, construite pour accueillir 800 détenus, 4 056 individus « sont entassés comme des sardines », raconte Le Nouvelliste qui poursuit : « Une cellule conçue pour recevoir 30 détenus peut en accueillir 150. Dormir n'est pas possible dans de telles conditions. Mais les prisonniers y arrivent quand même. A leur manière. Un petit matelas d'une place, ou du moins ce qui en reste, doit accueillir 3 prisonniers. C'est pourtant un luxe pour lequel les prisonniers doivent payer ». Mais les détenus ne doivent pas seulement supporter cette promiscuité, une odeur nauséabonde et une chaleur accablante, explique encore le journal. « Ils sont aussi mal nourris, mal soignés et victimes de nombreuses maltraitances ».

Face à cette situation, le gouvernement annonce « que le cadre du pénitencier sera bientôt changé. Un programme de réhabilitation est à l'étude. Le gouvernement envisage d'implanter une école à l'intérieur même de la prison », afin d'assurer la formation des détenus pour une meilleure réinsertion à leur sortie de prison. Cela ne change rien à la surpopulation carcérale. Ce qui amène Le Nouvelliste à conclure : « En ce qui concerne les droits des prisonniers, il y a un gouffre entre le discours politique et la réalité ».

Etats-Unis : hommage à Lou Reed
 
La presse outre-Atlantique est unanime aujourd’hui pour rendre hommage à la légende du rock, Lou Reed, décédé ce dimanche à l'âge de 71 ans. A l'instar du Washington Post qui écrit : « De toutes nos rock stars, Lou Reed était celle qui ne faisait jamais de compromis. Reed notre génie grincheux. Reed notre poète de rue avec sa mauvaise voix. Reed l'insondable créateur de ses propres mythologies. Reed, le gars qui a rendu le rock’n’roll mystérieux et vivant. Le piédestal que tant de monde réserve à Bob Dylan ? Il appartient à Lou Reed ».  

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