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Colombie

Colombie: une étape importante vers la paix

Le négociateur en chef des Farc lors de la conférence de presse du 6 novembre 2013 à La Havane, au cours de laquelle la guérilla marxiste annonce qu'elle accepte de déposer les armes
Le négociateur en chef des Farc lors de la conférence de presse du 6 novembre 2013 à La Havane, au cours de laquelle la guérilla marxiste annonce qu'elle accepte de déposer les armes REUTERS/Stringer

Après un demi-siècle d'un conflit meurtrier, les négociations avaient été lancées il y a un an à Cuba entre le gouvernement colombien et la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Ce mercredi 6 novembre, c'est un pas important qui a été franchi : les deux parties se sont mises d’accord sur la participation de la guérilla à la vie politique.

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L’accord partiel qui a été conclu mercredi est rédigé dans des termes qui laissent volontairement une certaine marge de manœuvre aussi bien aux Farc qu'au gouvernement colombien. Il ne s'agit pas encore d'une feuille de route détaillée pour la réintégration des membres de la guérilla dans la vie politique colombienne, mais plutôt d'un engagement des deux parties de ne pas revenir en arrière.

Pour la première fois en cinquante ans, les Farc acceptent de déposer les armes avant de pouvoir participer à la vie politique. En contrepartie, le gouvernement de Juan Manuel Santos leur garantit le droit de se constituer en parti politique.

Tous les spécialistes s'accordent pour dire qu'en cinquante ans de conflit armé, les pourparlers entre la guérilla et le gouvernement n'ont jamais été aussi loin. Même s'il faut souligner que l'accord signé ce mercredi n'est qu'un accord partiel qui n'entrera en vigueur que si un accord de paix global est conclu entre les deux parties du conflit.

Une avancée majeure après des décennies de guerre

Le conflit armé ensanglante la Colombie depuis bientôt cinquante ans. Il oppose la guérilla des Farc aux forces gouvernementales, mais aussi, entre les années 1980 et 2000, aux groupes paramilitaires qui s'étaient constitués pour combattre la guérilla. Il est d’ailleurs difficile d'avancer le nombre de victimes de ce conflit.

Selon une association colombienne, le Groupe de la mémoire historique, 220 000 personnes ont perdu la vie, 8 sur 10 étaient des civils. 25 000 disparus et surtout le chiffre incroyable de plus de 4 750 000 déplacés entre 1958 et 2012.

→ A (RE)LIRE : Les victimes du conflit armé en Colombie auront droit à réparation

L'opinion publique mondiale, elle, se souvient surtout des prises d'otages souvent spectaculaires, effectuées par les Farc, dont la plus médiatisée était sans doute celle de la Franco-colombienne et ancienne candidate à l'élection présidentielle en Colombie, Ingrid Betancourt.

D'autres tentatives de pourparlers de paix ont été entreprises, les dernières il y a dix ans. Mais toutes ont échoué, notamment à cause de la question du désarmement des Farc. Ce désarmement a toujours été rejeté de la part de la guérilla, jusqu'à ce mercredi.

L’épineuse question de l'amnistie des anciens guérilleros

La question de l'amnistie des ex-guérilléros constitue un point névralgique de ces pourparlers de paix. Ce dossier sensible émeut beaucoup l'opinion publique colombienne. La majorité des Colombiens souhaite en effet un accord de paix avec les Farc. Mais pour eux, il est hors de question qu'un ex-guérilléro qui a commis des crimes durant les années de conflit puisse accéder à un mandat politique.

La problématique de l'amnistie sera abordée dans le quatrième volet des pourparlers. Volet qui sera justement consacré aux réparations aux victimes du conflit. Et c'est la deuxième grande concession de principe que la guérilla ait faite : accepter qu'elle ne participe pas au jeu législatif tant qu'il n'y aura pas de réponse envers les victimes et tant qu'on n'aura pas défini la façon de leur rendre justice.

Un processus de paix désormais irréversible ?

Ni les Farc ni le président colombien Juan Manuel Santos n’ont désormais intérêt à faire échouer les pourparlers. Pour la guérilla, un succès du processus de paix représenterait l'occasion unique non seulement de se transformer en parti politique, mais surtout de se repositionner dans la société colombienne en tant que force de changement social.

Quant au président Juan Manuel Santos, un accord de paix avec les Farc lui donnerait bien évidemment des ailes pour l'année prochaine quand il briguera un deuxième mandat lors de l'élection présidentielle du mois de mai.

→ A (RE)LIRE : Colombie: le parti des FARC de retour en politique

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