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Mexique

Mexique: au Michoacán, les cartels de la drogue font la loi

Un groupe d'autodéfense à San Miguel Aquila, dans l'Etat du Michoacán, le 24 juillet dernier..
Un groupe d'autodéfense à San Miguel Aquila, dans l'Etat du Michoacán, le 24 juillet dernier.. Reuters
Texte par : Patrice Gouy
4 mn

Au Mexique, le gouvernement semble perdre la guerre contre les cartels dans l’Etat du Michoacán, situé à 300 km au nord-ouest de Mexico. La ville d’Apátzingan, bastion du cartel des Chevaliers du Temple, semble échapper au contrôle de l’Etat.

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De notre correspondant à Mexico

On peut considérer qu’il y a deux gouvernements qui s’affrontent au Michoacán : celui de l’Etat et celui des cartels. Le second, dans certaines régions comme celle d’Apátzingan, a plus de pouvoir que le premier. La population vit dans la terreur. L'évêque du diocèse, Manuel Patiño, a demandé à ses fidèles de vaincre leur peur et d'écrire sur un papier le nom des membres de leur famille assassinés et de l'accrocher sur une croix de bois dressée à cet effet dans la cathédrale.

Un rapport de l’Eglise destiné au Vatican précise que les affrontements entre cartels, police et armée ont fait 960 morts depuis le début de l'année à Apátzingan. La population est au bord de l’insurrection car les mesures prises par les autorités ne donnent aucun résultat. Il y a tellement de factions armées qu’il devient difficile de distinguer les bons des mauvais, ce qui produit une grande confusion sociale et alimente les confrontations.

Camps en présence

Tout le monde est armé jusqu’aux dents au Michoacán. Il y a 5000 soldats et 2500 policiers fédéraux, plus les polices de l’Etat et les polices municipales. De l’autre côté, des milliers de criminels qui appartiennent ou travaillent pour les quatre cartels qui se disputent le Michoacán.

Celui des Chevaliers du Temple est le plus fort et le mieux implanté. Il tient plusieurs villes comme celle d’Apátzingan. Les gens se sont habitués à la violence, aux excès des uns et des autres, à l’absence d’Etat de droit, à voir circuler les «rhinocéros», les chars blindés qui patrouillent sur les routes et dans les villages. L’incertitude règne et dans les campagnes, les habitants -qui ont peur- s’organisent en patrouilles civiles d’auto-défense, un mécanisme bien connu des sociologues qui apparait quand le gouvernement ne parvient plus à faire régner l’ordre.

L'argent, nerf des narcos

Le gouvernement a l’air de vouloir changer de méthode. Au lieu d’arrêter les chefs de bandes, les barons de la drogue, comme il le fait depuis 2006, sa nouvelle stratégie est de s’attaquer au portefeuille des narcos.

Une opération nettoyage vient de commencer dans le port de Lazaro Cardenas, sur le Pacifique. Dans ce port tourné vers le Japon et la Chine, personne ne peut échapper aux Chevaliers du Temple qui règnent en maître et qui tirent environ 100 millions de dollars de revenus par an du racket et des enlèvements.

Ce port est une mine d’or pour les criminels. Le gouvernement a donc envoyé l'armée, la marine, le procureur de la République et le directeur du fisc. Par sécurité, la police municipale a été désarmée. Le gouvernement central veut traquer l’argent sale, empêcher les paiements des rançons ou des rackets, afin d’assécher la principale source de revenu des Templiers qui sert à financer la logistique du cartel dans tout l’Etat du Michoacán.

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