VENEZUELA

Au Venezuela, le gouvernement force la régulation des prix de l'électroménager

Les clients affluent aux portes des magasins de l'enseigne Daka.
Les clients affluent aux portes des magasins de l'enseigne Daka. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Venezuela, le gouvernement a envoyé l’armée occuper plusieurs magasins d’électroménager dès vendredi 8 novembre. Motif : des inspections ont révélé une hausse des prix jugée néfaste à l‘économie du pays. « Une surfacturation des produits estimée à parfois plus de 1 000 % » selon le président Nicolas Maduro. L’enseigne d’électroménager Daka est particulièrement critiquée par le gouvernement. Les forces de la Garde nationale ont investi les lieux. Accusés de spéculation, plusieurs gérants ont été arrêtés.

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Avec notre correspondant à Caracas, Julien Gonzalez

Ce dimanche, des centaines de clients ont afflué dans les magasins pour profiter des prix plus avantageux désormais imposés par l’Etat. Une action du gouvernement pour faire baisser les prix qui intervient à moins d’un mois des municipales, première échéance électorale pour Nicolas Maduro depuis son élection en avril dernier.
 

Tout autour du magasin Daka, à l’Est de Caracas, les rues se sont transformées, en quelques heures, en une véritable fourmilière. Caché derrière un parapluie, Emmanuel attend depuis plus de 6 heures. Cet étudiant regarde la file d’attente, d’un air un peu désabusé :« On nous ment. A l’entrée, ils nous disent qu’ils attendent le gérant. Qui est en ce moment prisonnier. Ils nous disent qu’il y a de la marchandise puis ils nous disent qu’il n’y a plus rien. Récemment, notre président a décidé d’avancer la date de Noël, Noël c’est maintenant a-t-il dit. Et justement aujourd’hui le gouvernement occupe ce magasin. Et justement, les élections vont bientôt avoir lieu. C’est un drôle de hasard non  ? »

 

Vers 13 heures, le magasin ouvre finalement ses portes. Les forces de la Garde nationale assurent les entrées et sorties. L’accès se fait au compte-goutte. Les bras chargés de paquets, Sonia fait partie des premiers clients de la journée : « J’ai acheté une machine à laver. J’ai acheté un téléviseur, un four, un micro-onde. Avant, les prix étaient bien au-dessus de ce qu’ils devaient être. Récemment, j’ai vu des machines à laver à 30 000 bolivars (3 500 euros). Ca n’était pas normal. Je ne peux pas dire que je suis contente, c’est simplement que j’ai acheté ce dont j’avais besoin, à un prix raisonnable. »

 

Et le gouvernement a lancé un avertissement : plusieurs inspections dans des magasins de textile et de voitures devraient avoir lieu très vite.

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