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Etats-Unis / Chine

Deux B-52 américains ont pénétré dans la zone de défense aérienne chinoise

Une vue d'un B-52, bombardier de l'armée américaine.
Une vue d'un B-52, bombardier de l'armée américaine. Creative commons / US Air Force
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le Pentagone a annoncé ce mardi 26 novembre que deux avions américains avaient pénétré dans la zone de défense aérienne imposée la semaine dernière par la Chine, une mesure dénoncée avec force par les Etats-Unis. La nouvelle zone décrétée par Pékin vient maintenant flirter avec l'espace aérien du Japon, de Taïwan et de la Corée du Sud. Elle englobe en outre les ilots contestés Senkaku.

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Dès l’annonce samedi de la mise en place par la Chine d’une zone aérienne d’identification, explique notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet, le secrétaire d’Etat John Kerry et le secrétaire à la Défense, Chuck Hegel, avaient immédiatement protesté et la Maison Blanche avait qualifié la décision d’« incendiaire ».

En laissant deux B-52 non armés survoler la zone controversée, sans déposer au préalable de plan de vol, les Etats-Unis ont pu vouloir tester la Chine à la veille de manoeuvres conjointes américano-japonaises dans la région. Selon le Pentagone, le vol des deux avions, qui entrait dans le cadre d’un exercice prévu de longue date, s’est déroulé « sans incident ».

Règles décidées unilatéralement par Pékin

En principe, selon les règles décidées unilatéralement par Pékin tous les appareils traversant la zone doivent préalablement avoir déposé un plan de vol, s'être identifiés par radio et suivre les instructions des autorités chinoises, sous peine d'interventions de forces armées chinoises.

Et c'est bien là le problème pour la défense aérienne chinoise. Car élargir sa zone de défense aérienne nécessite aussi de disposer des moyens pour la faire respecter.

C'est-à-dire de disposer d'avions radars, et des chasseurs capable de réagir vite et de voler longtemps pour intercepter un éventuel intrus voir le forcer à dévier sa route. Normalement, ces mesures de coercition - qui peuvent aller jusqu'à l'ouverture du feu - ne s'appliquent qu'au-dessus de l'espace aérien du pays concerné. Durant la guerre froide, des tensions comparables ont parfois conduit à des abordages en plein ciel entre les avions soviétiques et américains, mais rarement à des incidents armés.

Dispute territoriale

Les Etats-Unis sont toujours restés neutres dans la dispute territoriale entre Pékin et Tokyo à propos des îles Senkaku. Mais ils craignent que la nouvelle zone de défense aérienne, à la suite d’une erreur de calcul ou d’une escalade du différend, puisse conduire à une action militaire.

Or si le Japon était attaqué, les Etats-Unis devraient intervenir conformément à l’accord de défense signé entre les deux pays. Et la dernière chose que veut Obama, qui a mis fin à la guerre en Irak et s’apprête à clore celle en Afghanistan, c’est une nouvelle aventure militaire en Asie cette fois.

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