Afghanistan / Etats-Unis

Afghanistan : Kaboul va libérer 72 talibans jugés dangereux par Washington

Le camp de Bagram, à 60 kilomètres de Kaboul, abrite la base aérienne américaine et la prison qui est passée sous contrôle afghan depuis septembre 2012.
Le camp de Bagram, à 60 kilomètres de Kaboul, abrite la base aérienne américaine et la prison qui est passée sous contrôle afghan depuis septembre 2012. REUTERS/Omar Sobhani

Les protestations des Etats-Unis n’y ont rien fait : la présidence afghane a annoncé le 9 janvier la libération prochaine de 72 combattants talibans présumés, détenus dans la prison de Bagram sur la base aérienne américaine située au nord de la capitale afghane. Cette décision, très critiquée à Washington, risque de détériorer davantage les relations entre Washington et Kaboul.

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Rien ne permet de justifier le maintien en détention de ces prisonniers, selon les autorités afghanes, qui affirment avoir examiné 88 dossiers : pour 45 d’entre eux, il n’existe aucune preuve valable, et pour 27 autres, elles sont insuffisantes. Les détenus ne sont cités que dans des rapports, « sans preuve formelle à leur encontre », souligne le communiqué de la présidence afghane.

Contrairement à 16 autres prisonniers, dont la dangerosité a été prouvée et qui resteront sous les verrous, ces 72 combattants ne peuvent être jugés et devraient donc prochainement être remis en liberté. Au grand dam des Etats-Unis qui redoutent que ces hommes ne reprennent le combat.

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Lors d'une récente visite à Kaboul, le sénateur républicain Lindsey Graham avait soutenu que ces prisonniers avaient « du sang sur les mains » et qu’ils étaient responsables de la mort de 60 soldats de la coalition et de 57 Afghans.

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Le commandant des forces de l'Otan dans le pays, le général américain Joseph Dunford, avait déposé un recours contre ces libérations annoncées, arguant qu'elles allaient à l'encontre de l'accord signé lors de la remise de la prison de Bagram aux autorités afghanes, en mars dernier. Pas de quoi faire plier les autorités afghanes, qui soulignent que ces libérations sont « une affaire interne ».

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