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Venezuela

Au Venezuela, Twitter stimule les manifestations contre le gouvernement

Une lettre tweetée par l'opposant Léopoldo Lopez.
Une lettre tweetée par l'opposant Léopoldo Lopez. @leopoldoLopez
Texte par : Taíssa Stivanin
5 mn

A l'approche de l'anniversaire de la mort de l'ancien président du Venezuela, Hugo Chavez , le 5 mars, le mouvement de contestation, démarré à la fin du mois de janvier, ne faiblit pas. Encouragées par Twitter, les manifestations se multiplient partout dans le pays, où les affrontements entre la police et les opposants ont déjà faits au moins 13 morts et des centaines de blessés.

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Au Venezuela, la guerre entre le gouvernement et l'opposition est déclarée non seulement dans la rue, mais aussi sur Twitter. Ralliés par l'économiste Léopoldo Lopez, ancien maire de la ville de Chacon, les étudiants se sont unis à une partie de la population qui se plaint de la vie chère et de la violence. Le Venezuela reste l'un des pays les plus dangereux au monde.

Arrêté la semaine dernière, Léopoldo Lopez, 42 ans, formé à Harvard et bête noire de la gauche chaviste, a pleine conscience du pouvoir de Twitter pour rassembler rapidement les foules. C'est donc sur le site de micro-blogging qu'il s'organise avec ses partisans, appelle à des nouvelles manifestations, s'en prend à son adversaire, le président Nicolas Maduro, bref, qu'il fait de la politique. Fondateur du parti de droite Volontad Popular, il a créé le mouvement #lasalida (la sortie), avec, comme par hasard, un dièse placé devant.

Un nouveau genre, « les lettres tweetées »

Lundi 24 février, Léopoldo Lopez, emprisonné depuis la semaine dernière, a publié un message sur son compte (@leopoldolopez) dans lequel il incite la population à rester dans les rues : « A mon pays: nous ne devons pas quitter les rues, continuons à protester de manière pacifique et non-violente, c'est le peuple qui décide qui commande. »

Le représentant de la droite vénézuélienne a aussi inventé un nouveau genre, « les lettres tweetées ». Il les écrit à la main et ensuite les photographie pour les publier sur le réseau. Une façon de donner de l'authenticité à ses messages, qui finalement pourraient être publiés par quelqu'un d'autre de son équipe.

Hugo Chavez, déjà fervent adepte des messages à 140 signes

Les insultes contre le président, qui n'hésite d’ailleurs pas à lui répondre par le même canal, animent aussi la twittosphère vénézuélienne. Dans un message publié le 16 février, Léopoldo Lopez accusait Nicolas Maduro d'être un « couard ». Ce dernier publiait sa réponse sur le réseau, le traitant de « faciste ».

Le président Nicolas Maduro (@NicolasMaduro) n'a jamais négligé non plus la popularité de Twitter dans le pays, à l'exemple d’Hugo Chavez, son prédécesseur et fervent adepte des messages à 140 signes. Nicolas Maduro mène une campagne actuellement pour dénoncer ce qu'il appelle un « coup d'état » et publie plusieurs photos et messages de célébrités qui le soutiennent. Parmi ceux-ci, l'ancien joueur argentin Diego Maradona, qui serre la main du président sur un cliché.

Le Venezuela, cinquième pays le plus présent sur Twitter

Si Twitter exerce une telle importance, c'est parce que le Venezuela est le cinquième pays le plus présent sur le réseau, avec un taux de pénétration d'environ 21%, selon une étude publiée par l'agence Comscore en 2011. Forte de sa popularité la plate-forme de micro-blogging est devenue le réseau préféré des hommes politiques du pays, et cela depuis l'époque de Chavez. Lors de sa maladie, par exemple, c'était surtout sur Twitter que le peuple avait les dernières nouvelles sur son état de santé.

Mais ce n'est pas seulement le chef d'état vénézuélien qui utilise Twitter. Ses assistants, mais aussi ses ministres se livrent sur le réseau. Le quotidien brésilien O Globo explique que récemment, le ministre du Tourisme, Andres Izarra (@IzarradeVerdad), a apporté son soutien aux contre-manifestations pro-gouvernement qui se tiennent dans la capitale, Caracas.

Les réactions et la couverture des manifestations via Twitter ont forcément leur côté obscur, voire truqué. De nombreuses images d'affrontements qui ont été postées se sont avérées fausses, à l'exemple d'une photo retweetée par le correspondant de CNN, Carlos Montero. Lui même a reconnu que le cliché illustrait un rassemblement qui se tenait à Singapour ! Ce qui a suscité une pluie de réactions narquoises sur internet. Ainsi des photos des manifestations au Chili, en Égypte, en Thaïlande et même au Brésil ont été aussi détournées, rapporte le site brésilien UOL.

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