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L’autisme détectable bien avant la naissance?

Des anomalies ont été repérées dans la formation du cerveau du foetus par des chercheurs de l'université de Californie à San Diego. Une piste prometteuse pour améliorer la prise en charge précoce des autistes.
Des anomalies ont été repérées dans la formation du cerveau du foetus par des chercheurs de l'université de Californie à San Diego. Une piste prometteuse pour améliorer la prise en charge précoce des autistes. naitreetgrandir.com

Des chercheurs de l’université de Californie viennent de démontrer que l’autisme serait la conséquence d’anomalies dans le développement de certaines structures du cerveau du fœtus. Cette découverte pourrait bouleverser la prise en charge des autistes en la rendant beaucoup plus précoce. Les premiers signes évocateurs de l’autisme surviennent entre l’âge de 18 et 36 mois et se caractérisent notamment par des troubles du langage et de la communication non verbale.

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La découverte des neurologues américains met en lumière des dysfonctionnements lors du développement du cerveau du fœtus. Selon leurs travaux publiés dans le New England Journal of Medecine (JAMA), ces anomalies seraient responsables d’une désorganisation de l’architecture cérébrale chez les enfants autistes. Si ces travaux sont confirmés, ils conduiraient à situer l’origine du handicap longtemps avant la naissance. On pourrait ainsi dans un deuxième temps déterminer quand et où ces anomalies se développent et parvenir à une détection beaucoup plus précoce de l’autisme. 

Des taches d’à peine quelques millimètres

Pour mener leurs travaux, les scientifiques ont comparé des échantillons de tissu cérébral provenant de 11 enfants autistes décédés entre l’âge de 2 ans et 15 ans. Ils les ont comparés à des prélèvements provenant de 11 autres enfants indemnes. Aujourd’hui, l’autisme est considéré comme un trouble du développement du cerveau, mais sans que l'ont soit encore parvenu à isoler une lésion qui l’explique. C’est précisément ce sur quoi les Californiens ont porté leur attention en analysant 25 gènes. Ces derniers servent de biomarqueurs pour certaines cellules du cerveau formant les six couches du cortex, appelé aussi écorce cérébrale.

Les neurologues ont ainsi pu constater que ces biomarqueurs étaient absents dans 91% des cerveaux des enfants autistes contre 9% chez les autres. Les anomalies se repèrent sous la forme de taches de quelques millimètres de long dans les différentes couches du lobe frontal et temporal du cerveau. Précisément dans des zones du cerveau qui sont le siège des fonctions sociales, des émotions, de la communication et du langage, autant d’activités qui, chez les autistes, sont perturbées.

En constatant que les lésions sont à la fois disséminées et isolées, les scientifiques se prennent à espérer que le cerveau parvienne un jour à reconstituer les branchements défectueux en utilisant des tissus cérébraux sains. Ils en veulent pour preuve les progrès constatés chez certains enfants pris en charge précocement. Cette « auto-réparation » est en effet possible grâce à la grande plasticité du cerveau des jeunes enfants, une capacité qui s’exprime quand de bonnes conditions de stimulation sont mises en place.

Excès de neurones

Ainsi, malgré le fait qu’il n’existe pas de traitement médicamenteux, des enfants autistes dépistés tôt et bien suivis voient leurs capacités à interagir avec le monde qui les entoure s’améliorer. En effet, un enfant autiste se comporte souvent comme si les autres n’étaient pas là, il semble coupé du monde… La prise en charge est pluridisciplinaire et individualisée : elle concerne le langage, les compétences cognitives, sensorielles et motrices. Les enfants sont encouragés à adapter leur comportement et à gérer leurs émotions au prix d’un suivi attentif et avec des résultats divers.

Pour les 650 000 autistes qui vivent en France (5 millions dans l’Union européenne) et leurs familles, la découverte des neurologues américains marque une étape importante pour comprendre l’origine de ce trouble. Reste encore à déterminer le mécanisme qui déclenche ces défauts aux conséquences si lourdes. C’est le prochain défi pour les scientifiques.

Mais les auteurs de l’étude ont déjà une piste pour aller plus loin ; une recherche récente (2011) a mis en avant une surabondance de neurones dans le cortex préfrontal des autistes, un excès de 67% par rapport à des enfants non atteints. Même si le chemin à parcourir pour trouver un traitement reste long, on est quand même bien loin des premiers spécialistes de l’autisme pour lesquels il s’agissait d’un problème psychologique dont les mères soi-disant « froides », on parlait de « mères réfrigérateurs » étaient responsables.

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