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URUGUAY

Pagaille dans le football uruguayen

Des supporters uruguayens lors d'un match entre le Pérou et l'Uruguay, le 6 Septembre 2013, à Lima.
Des supporters uruguayens lors d'un match entre le Pérou et l'Uruguay, le 6 Septembre 2013, à Lima.
Texte par : Jean-Louis Buchet
4 mn

En Uruguay, le monde du ballon rond traverse une crise sans précédent. Le championnat a été suspendu, le président et tous les dirigeants de la Fédération ont démissionné, et la participation de l’équipe uruguayenne à la prochaine Coupe du monde, dans deux mois, serait même compromise. A l'origine de cette crise, les barrabravas. Ces supporters violents ont provoqué de graves incidents lors d'un récent match.

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C'est un peu la folie en Uruguay, ces dix derniers jours, dans le monde du football. D’abord, des barrabravas, sorte de hooligans, commettent des actes de vandalisme à l’issue d’un match international d’une des grandes équipes uruguayennes, Nacional. Ensuite, le président José Mujica décide qu’il n’y aura plus de police lors des matches se jouant au stade de Montevideo. Après quoi, le syndicat des joueurs affirme qu’il n’est pas question de rentrer sur les terrains si la sécurité n’est pas assurée. Un premier match est suspendu, la fédération est désavouée par les clubs, son président et l’ensemble des dirigeants démissionnent. Telle est la situation actuelle.

Ces évènements sont en réalité l’aboutissement d’une sorte de putsch contre le président de la fédération uruguayenne, Sebastián Bauzá, putsch qui était en cours depuis plusieurs mois.

Les barrabravas, des hooligans craints et utilisés par les dirigeants de clubs

Sebastian Bauza, le 16 Janvier 2013 à Montevideo.
Sebastian Bauza, le 16 Janvier 2013 à Montevideo. Photo by Dante Fernandez/LatinContent/Getty Images

A Montevideo on y voit la main de celui qui tire les ficelles du foot local depuis des années, Paco Casal, puissant intermédiaire et représentant de joueurs, et, surtout, propriétaire, avec sa société Tenfield, des droits de retransmission des matches de l’équipe nationale. Or Bauzá, avec l’appui du ministre des Sports, cherchait à nettoyer le foot uruguayen et à limiter l’emprise de Casal. Il avait décidé de mieux encadrer les activités des intermédiaires et représentants de joueurs et, surtout, souhaitait que la Fédération reprenne les droits de retransmission à partir de 2016 pour les concéder ensuite au meilleur offrant sur un appel d’offres transparent. C’en était trop pour Casal, qui a obtenu une première victoire il y a un an avec le départ du gouvernement du ministre des Sports et qui voit aujourd’hui tomber Bauzá, son ennemi juré. Comme tout le monde le sait à Montevideo, il est facile d’organiser des incidents comme ceux qui ont été à l’origine du processus qui a conduit à la démission de Bauzá. Ces barrabravas ne sont pas des supporters mais des délinquants, tolérés, utilisés et craints par les dirigeants de club et les hommes politiques. Si on les paie bien, ils sont prêts à faire toute sorte de sales boulots. Par ailleurs, il faut savoir que Casal est un homme influent, qui a l’oreille du président José Mujica. Corruption, violence, connivences politiques, c’est le cocktail habituel du foot sud-américain.

L’Uruguay ira-t-il au Mondial ?

Une nouvelle équipe dirigeante, sans doute provisoire, sera désignée et le championnat reprendra, vraisemblablement avec la police autour des stades. Comme avant. Quant à l’éventuelle suspension de l’Uruguay pour le Mondial, elle n’a jamais été confirmée par la FIFA, la Fédération internationale. Ce serait une catastrophe compte tenu des intérêts en jeu. On peut penser que tout reprendra son cours. L’important, pour savoir si la victoire de Casal est totale, c’est ce qui se passera avec les droits de retransmission. Il est fort probable que le projet d’appel d’offres soit très rapidement enterré.

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