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Cuba / Médias

Les Cubains ont enfin accès au premier journal indépendant de l’ère castriste

La blogueuse cubaine Yoani Sanchez à La Havane
La blogueuse cubaine Yoani Sanchez à La Havane Adalberto Roque /AFP

Après avoir été bloqué par les autorités durant quatre jours, le journal en ligne de la célèbre blogueuse Yoani Sanchez est dorénavant accessible par les habitants de Cuba. Lancé le 21 mai, le 14Ymedio est le premier journal indépendant conçu et diffusé sur l’île communiste depuis plus d’un demi-siècle.

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Yoani Sanchez a de la suite dans les idées et de la détermination à revendre. Cette blogueuse et son « Generacion Y », dont le nom est connu bien au-delà de Cuba où elle exerce ses activités d’opposante, vient de lancer en ligne, le 21 mai, le premier journal non contrôlé par le pouvoir castriste. Un événement évidemment suivi à la trace par les autorités qui ne peuvent pas rester indifférentes à ce qui est le plus grand défi lancé par l’opposition au régime castriste depuis ces dernières années. 

Prestigieux parrains

Dès la mise en ligne du premier numéro de 14Ymedio, les Cubains qui tentaient de se connecter ont été aussitôt redirigés vers un site hostile à la blogueuse Sanchez, « Yoanislandia.com » débordant d’articles de blogueurs favorables au régime. Après quatre jours de ce petit jeu, La Havane a débloqué le nouveau site le 24 mai. Familière des chauds-froids des autorités, Yoani Sanchez a très vite envoyé un message sur Twitter pour annoncer le déblocage : «"14ymedio" est accessible depuis Cuba. Dépêchez-vous usagers du réseau cubain avant le prochain blocage ! ».
 

Page d'accueil du site cubain d'information 14ymedio.com
Page d'accueil du site cubain d'information 14ymedio.com 14ymedio.com

La décision de libérer l’accès du premier média numérique cubain est intervenue juste après la publication d’un éditorial dans Granma, le quotidien communiste du parti castriste fustigeant les Etats-Unis pour avoir donné leur « plein soutien » à la blogueuse et déclarant que Cuba ne « tolérerait aucune sorte d’activité subversive ». Le site de Yoani Sanchez « est financé entièrement avec des fonds provenant de l'extérieur et son objectif fondamental est d'alimenter les campagnes de désinformation et de diffamation contre Cuba », ajoutait encore Granma.

Pas plus démontée que cela, Yoani Sanchez rétorque aussitôt sur Twitter : « Granma me fait l'honneur de m'attaquer. Encore une coupure de presse que je garderai pour mes petits-enfants ». Dans son combat, la philologue de 38 ans a de prestigieux soutiens comme le Prix Nobel de littérature péruvien Mario Vargas Llosa et l’ex-président polonais et Prix Nobel de la paix, Lech Walesa qui ont, dans une lettre postée sur le site même, demandé au gouvernement de « respecter le droit à exister » du nouveau média.

Ces difficultés galvanisent Yoani Sanchez et les onze membres de sa rédaction, dont certains avaient déjà reçu des coups de téléphone d’avertissement de la Sécurité d’Etat dans les jours précédant le lancement du premier numéro de 14Ymedio. « Rien n’est plus attrayant que l’interdit », aime-t-elle à répéter, elle qui a été si souvent l’objet de violences physiques et verbales et des méthodes d’intimidation des autorités sécuritaires cubaines.

Le moyen de communication favori des Cubains
 

Les Dames en blanc à La Havane, le 29 juillet 2012.
Les Dames en blanc à La Havane, le 29 juillet 2012. AFP/Francisco Jara

14Ymedio a pour ambition, explique sa créatrice, d’offrir un large éventail de nouvelles, d’informations et de tribunes aux habitants de l’île. Un reportage sur la violence nocturne à La Havane et sur l’interpellation de 30 Dames en blanc, ce groupe d'épouses et proches de prisonniers politiques cubains et un entretien avec un prisonnier politique donnaient le ton du premier numéro.

Autant de sujets que les Cubains ne risquent certainement pas de trouver dans la presse officielle, mais qui ne seront pas non plus très consultés s’ils ne sont diffusés que sur Internet. En effet, à peine 2% des Cubains y ont accès et encore dans le cadre d'un « intranet » où l'accès aux serveurs est contrôlé par les autorités comme on vient de le constater avec le difficile lancement de 14Ymedio.

Mais les opposants cubains ne sont pas nés de la dernière censure. Ils ont développé depuis le temps des stratégies de contournement en utilisant des supports numériques comme les CD, DVD et autres clés USB dont ils assurent à la perfection la diffusion la plus large et qui sont de fait le moyen de communication favori des Cubains.

Succédant à son frère Fidel en 2006, Raul Castro a depuis entrepris des réformes économiques et assoupli quelque peu la masse d’interdictions qui pèsent depuis les années 1960 sur la population de Cuba, tout en excluant un changement de régime exclusivement dominé par le Parti communiste 

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