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Etats-Unis/ONU

Les Etats-Unis progressent vers l’interdiction des mines antipersonnel

Un démineur lors d'un exercice de démonstration, dans un centre spécialisé du Cambodge, le  27 novembre 2011.
Un démineur lors d'un exercice de démonstration, dans un centre spécialisé du Cambodge, le 27 novembre 2011. REUTERS/Samrang Pring

Ce n’est qu’une intention, mais c’est déjà beaucoup pour les Etats-Unis qui viennent de faire part de leur intention d’adhérer à terme au traité international interdisant les mines antipersonnel. Dans un premier temps, Washington a déclaré qu’il ne produirait plus et qu’il ne chercherait plus à acheter ces armes de proximité destinées à « mettre hors de combat, blesser ou tuer une ou plusieurs personnes ».

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Ce n’est pas encore fait, mais c’est en bonne voie. L’annonce des Etats-Unis sur leur intention à terme d’adhérer au traité international interdisant les mines antipersonnel a eu lieu le vendredi 27 juin à Maputo. C’est en effet dans la capitale mozambicaine que se tenait une conférence sur l’application de la convention d’Ottawa qui a pour objectif de s’assurer qu’aucune armée n’utilise plus de mines antipersonnel d’ici 2025. 

« Bons sentiments »

Jusque-là, même s’ils avaient déjà fait part il y a cinq ans de leur intention de réexaminer leur position, les Etats-Unis avaient toujours refusé de parapher la convention d’Ottawa de 1997 qui interdit l’utilisation, le stockage, la production et le transfert de ces armes, prétextant de leur utilité pour la défense du pays et de ses alliés. Un argument que n’a pas tardé à ressortir le président des Forces armées de la Chambre des représentants, le républicain Buck McKeon dès que l’annonce faite à Maputo a été diffusée. Pour ce dernier, il ne s’agit en effet que de « bons sentiments » et d’une « mauvaise » décision pour la sécurité du pays.

Malgré ces réticences, « la délégation américaine présente à Maputo a dit clairement que nous cherchions  des solutions conformes à la convention d’Ottawa qui, à terme, permettraient aux Etats-Unis d’y adhérer », a rapporté la Maison Blanche dans un communiqué. Les Etats-Unis ne « produiront pas à l'avenir, ni ne chercheront à acquérir de mines antipersonnel y compris à remplacer les stocks existants », précise encore la présidence américaine.

Plus précisément, les Etats-Unis disposent d’un stock de trois millions de mines, selon le décompte publié par le Pentagone. « Ces armes commenceront à se détériorer dans dix ans et seront totalement inutilisables dans 20 ans », a détaillé le porte-parole du ministère de la Défense, le contre-amiral John Kirby. De quoi donner encore du grain à moudre aux partisans de la signature de la convention d’Ottawa, la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Caitlin Hayden a expliqué que les Etats-Unis effectuent par ailleurs « des simulations et modélisations » pour déterminer les moyens de protéger ses intérêts en se passant des mines.

Seuls 35 pays n’ont pas ratifié la convention d’Ottawa
 

Une mine antipersonnel.
Une mine antipersonnel. pbase.com

Si les opposants comme Buck McKeon trouvent que cette approche « est une solution onéreuse à la recherche d’un problème qui n’existe pas », à l’inverse, les militants de Human Rights Watch (HRW) qui avaient reçu le prix Nobel de la paix en 1997 pour leur lutte contre les mines antipersonnel s’en réjouissent. Pour HRW, la déclaration des Etats-Unis est « une reconnaissance importante que le traité d’Ottawa fournit le meilleur cadre pour débarrasser le monde de ces armes mortelles ».

Tout aussi engagée dans la lutte contre les mines antipersonnel, l’ONG Handicap International salue également la décision américaine tout en regrettant qu’aucune date n’ait été arrêtée. L’organisation craint que l’engagement définitif de Washington ne soit repoussé « après la fin du mandat présidentiel de Barack Obama », soit en fin 2016.

Autant de temps précieux perdu sous-entend Handicap International qui rappelle que depuis l’entrée en vigueur de la convention en 1999, le nombre de victimes, morts et blessés, provoquées par les mines antipersonnel a été divisé par cinq. Dans le monde, seuls 35 pays ne sont pas signataires de la convention d’Ottawa (Israël, Inde, Pakistan, les deux Corées…) et, parmi eux, les Etats-Unis sont le seul Etat de l’Otan à ne pas l’avoir fait comme la Chine et la Russie qui siègent à leurs côtés au Conseil de sécurité de l’ONU.

A ce jour, 70 millions de mines ont été détruites par les 161 Etats qui ont ratifié le traité. Quant aux Etats-Unis, ils ne fabriquent d’ores et déjà plus de mines depuis 1997 et la dernière utilisation qu’ils en ont faite remonte à 1991, pendant la guerre du Golfe.

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