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Brésil/France

De nouveau soupçonné de corruption au Brésil, Alstom risque gros

Le groupe français Alstom au Brésil dans la tourmente.
Le groupe français Alstom au Brésil dans la tourmente. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Alors qu’en France, le rachat de la branche énergie du groupe français par l’Américain General Electric est sur le point d’être finalisé, au Brésil, les mois qui viennent s’annoncent difficiles pour Alstom. La filière du fleuron de l'industrie française au Brésil est dans le collimateur de la justice dans le cadre d'une enquête relative à une affaire de corruption.

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Avec notre correspondant à Rio de Janeiro,  François Cardona,

Le parquet de l'Etat de São Paulo vient de demander la fermeture de la filière d’Alstom dans le pays ! Une nouvelle qui intervient dans le cadre d’une enquête de la justice brésilienne sur une affaire de corruption qui pourrait être lourde de conséquences pour le groupe français.

Plusieurs anciens cadres d'Alstom, en effet, sont mis en examen, notamment pour corruption active et blanchiment d’argent, pour avoir acheté plusieurs personnes clefs, des décideurs politiques notamment, à la fin des années 1990, et ainsi obtenir un énorme contrat à Sao Paulo. Outre la « dissolution » des filières énergie et transport d’Alstom au Brésil, le parquet brésilien demande aussi le gel des avoirs des onze personnes mises en examen. Soit le blocage de plus de 330 millions d'euros.

Le contrat Gisel

Jusqu’à présent, Alstom n’était pas directement mis en cause, mais plutôt certains de ses anciens cadres. La somme de 330 millions d’euros, que le parquet de Sao Paulo souhaiterait bloquer, correspond en fait au triple de la valeur totale d’un litigieux contrat, qui a pour nom Gisel.

L'affaire date de 1998. Gisel, c'est le contrat qui met aujourd'hui Alstom dans l'embarras. Il visait à moderniser les réseaux d'énergie de la ville de Sao Paulo, notamment l'extension de son métro. Alstom aurait payé 8 millions d’euros, versés en partie en liquide et en petites coupures, pour décrocher le contrat, sans avoir à passer par un appel d’offres ouvert à la concurrence. C’est en tout cas ce qu’affirme le parquet brésilien. De l'argent aurait été distribué à des décideurs politiques de l'Etat de São Paulo.

La justice ne lâche pas l’affaire

L’affaire prend de l’ampleur régulièrement au Brésil. Même plus de dix ans après les faits, la justice brésilienne, visiblement, ne semble pas vouloir abandonner. Un ancien maire de la région de Sao Paulo, et actuel membre de la Cour des comptes a même été mis en examen pour corruption. Il aurait reçu plus de 2,5 millions d’euros, un pot de vin qui aurait été versé par Alstom dans le cadre du fameux contrat Gisel.

La somme détenue sur un compte en suisse a été bloquée. Malgré les mises en examen répétées ces derniers mois, Alstom affirme dans la presse brésilienne que l’entreprise ne paie pas de pot-de-vin, que cette pratique est inacceptable, et qu’elle travaille à ce que tous les aspects relatifs à l’enquête soient éclaircis. Le constructeur français avait refusé de payer quelque 26 millions d'euros pour mettre un terme à la procédure judiciaire.
Alstom joue gros. Au Brésil, le groupe représente 5 000 employés et près d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires.

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